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Mercredi 23 mai 2007 Précédent

Zanzibar, mariage d’Inde, d’Afrique et d’Arabie (Stone Town)

Ne pas toujours se fier à sa première impression. Surtout lorsqu’on arrive épuisés, nerveux, dans un nouveau lieu. En posant notre première tong à Zanzibar, il y a plus de 10 jours, on s’était sentis agressés par l’allure désordonnée et vétuste de la ville.

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La pluie incessante rendait la chaleur moite et les rues poisseuses. Les allées sombres, les murs décrépis, les volets tombants n’avaient à nos yeux aucun charme, si ce n’est celui d’une splendeur révolue.

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Pourquoi les gens parlent-ils de cette île avec des trémolos dans la voix ??

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Reposés, apaisés, sous le soleil revenu, on a compris.

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Le lendemain de notre arrivée, on était passé par hasard devant le Culture Musical Club.

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img_1366.jpgAttirés par le son des violons, on était entrés dans ce bâtiment simple. On avait gravi l’escalier raide qui part de la cour intérieure pour s’asseoir sur une des chaises en plastique et assister à la fin d’une répétition de Kidumbak. Une dizaine de membres du Culture Musical Club jouaient un morceau de musique Taarab, le style traditionnel de Zanzibar dont les rythmes sont empreints de cultures arabes, indiennes et africaines. Debout, une femme chantait un hymne d’amour en swahili.

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Tout en s’avançant pour rejoindre le centre de la salle, plusieurs femmes de tous âges avaient alors noué un tissu autour de leurs hanches pour le balancer, le temps d’une danse, avec une grâce et une sensualité confondantes. On était restés littéralement hypnotisés.

Cette fois, ce sont plusieurs professeurs de la Dhow Academy, l’académie de musique de Zanzibar, qui jouent pour enregistrer un morceau. On ferme les yeux et au son des instruments, on entend la magie de cette île, située au cœur de l’Océan Indien. Le désert, la fierté nomade, le sultan, les couleurs scintillantes de l’Inde, la grâce africaine, la musique ouvre notre imaginaire. Par les sons, les rythmes, les couleurs, on ressent pleinement le charme de Zanzibar : un mariage improbable de cultures lointaines, venues s’échouer au fil des années sur ses plages. Un mariage d’amour.

Excités, conquis, on décide d’appeler Yusuf Mahmoud, le directeur du festival de musique qui a lieu en février à Zanzibar, puis on fait un saut à la Dhow Academy. Ils donnent un concert jeudi pour le départ de leur directrice. On y sera !

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On se trouve un charmant hôtel un peu à l’écart des rues principales, sur une jolie place ombragée. Au dernier étage, une terrasse donne sur les toits de Stone Town et au loin sur la mer. On passe plusieurs jours à flâner dans les rues de la ville.

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img_1352.jpgBaignées de lumière, les ruelles sont des lieux de vie : les hommes jouent aux dames ou au bao - une sorte de backgammon, les enfants tapent la balle et les femmes marchent à pas lents, couvertes de noir ou vêtues de kangas, ces tissus de couleur où sont inscrits des proverbes swahilis. Les épices locales emplissent l’air d’essences de cardamone, de clous de girofle, de gingembre. Le long du port, on sirote des tangawiz, une boisson obtenue à base de branches de sucre de canne pressées avec du citron et du gingembre. Délicieux.

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Le soir du concert, les profs et élèves de l’Académie disent au revoir à leur directrice, alors que nous disons au revoir à Zanzibar. On s’imprègne corps et âmes de toutes les musiques de l’île et comme un cadeau ; la fête se finit par un concert de Kidumbak. Des hanches en veux-tu en voilà, qui bougent et tournent dans tous les sens, on ne sait plus où donner de la tête. Envoûtant !

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