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Jeudi 19 avril 2007 Précédent

La montagne des Dieux (Lac Natron)

Nous atteignons le lac Natron, au Nord de la Tanzanie, après une journée de piste rude et incertaine ; elle s’efface par endroits, pour réapparaître furtivement à d’autres. Salim est un vrai sioux et passe les multiples crevasses, intersections, cours d’eau, sans aucune hésitation.

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On est épuisés, avec au fond des os et des reins l’impression d’avoir passé huit heures dans un shaker.

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Pour se dégourdir les jambes, on décide de se faire une petite expédition vers des chutes d’eau, à quelques kilomètres de là. On part donc tous les trois, Nat, Boubou et Moi, accompagnés d’un guide, et nous remontons le cours d’eau à la recherche des sources. Les trois mecs avancent à vive allure, trop vite pour moi. img_0339.jpgJe panique : on doit monter le Lengaï cette nuit, s’ils foncent comme des bolides, je ne vais jamais pouvoir les suivre ! Sentant que la muzunguette n’est pas contente-contente, les garçons finissent par ralentir le rythme, et deviennent tout attentionnés. Ah, c’est plus cool !

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On croise des traces de lion toutes fraiches, on est à pied, et les prédateurs ne doivent pas être très loin !

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Nous arrivons aux chutes d’eau. C’est comme une douche géante, sûrement la plus incroyable que l’on n’ait jamais prise (eh oui c’est Nat le petit point tout en bas !)

img_0304.jpg-

On mange très tôt, et on file se coucher avec la tombée de la nuit. Le réveil sonnera à 23h30, direction la montagne. Nos affaires sont prêtes. On n’est si anxieux qu’on a du mal à fermer l’œil. Le « wake up » de Salim sonne comme un mauvais rêve. On ouvre doucement les yeux, pendant que quelques gouttes de pluie viennent s’écraser sur la toile de la tente. On croise les doigts pour que ça s’arrête : s’il pleut, l’ascension sera encore plus compliquée. On sort prendre un thé chaud, les gouttes se transforment en une pluie fine. Tant pis, nous montons dans le 4×4, et nous nous dirigeons dans la nuit noire vers le mont Lengaï. Mais la pluie devient de plus en plus forte. Des éclairs crépitent dans le ciel et dessinent en négatif la montagne conique du Lengaï. L’orage semble se situer précisément sur le volcan. La pluie tombe maintenant tellement fort que Salim est obligé d’arrêter le 4×4. Il coupe le moteur, et on reste un long moment silencieux, seuls dans la nuit, à écouter la pluie.

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Nous ne monterons pas ce soir, c’est trop dangereux. Le guide massaï demande à Salim de faire demi-tour, quand notre ami Boubou se réveille soudain en faisant de grands gestes en direction de la montagne : « No, Go !! Go !! »

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