La baie des mille dauphins (Zanzibar)
Déjà plus de trois mois que nous sommes en Afrique. Entre les bus, les reportages, la somme de nouvelles informations que nous absorbons chaque jour, les langues que nous nous efforçons de retenir, les rencontres, les safaris (« voyage » en swahili), les… nous avons sérieusement besoin de vacances !
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Après quelques jours à Dar es Salaam nous embarquons pour Stone Town, la ville principale de Zanzibar. C’est plus que jamais la saison des pluies. Entre deux averses, nous enfourchons une moto pour monter sur Nungwi au nord de l’île. On n’est pas déçus, les plages sont dignes des plus belles cartes postales. Le temps d’une longue balade les pieds dans l’eau, on prend le temps de choisir notre nid douillet : Amaan Bungalows, chambre avec terrasse et vue sur la mer.
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Mais c’est souvent quand l’esprit et le corps relâchent et que les tensions se libèrent. Voyager en amoureux, c’est aussi gérer, en plus des mille détails liés au voyage, ses relations de couple. Comme j’ai le sens de la tragédie et Nat celui de l’esthétique, nous déconstruisons et reconstruisons notre château de coeur dans un tonnerre d’averses et de vagues venues se briser sur les rochers.
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Ouf : « Après la pluie le beau temps » et « Tout est bien qui finit bien » !
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Nous partons nous remettre de nos émotions à Uroa, un village de pêcheurs sur la côte nord est de l’île. Plus sauvages, les plages sont aussi plus authentiques.
À marée basse, les femmes vêtues des tissus traditionnels swahilis entrent dans l’eau jusqu’à mi-cuisse pour ramasser des algues.
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Triées sur le sable, elles seront ensuite séchées sur des cordes à linge pour être vendues à des entreprises pharmaceutiques et cosmétiques thaïlandaises qui les utilisent dans la fabrication de leurs produits.
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Pendant ce temps, les hommes préfèrent la pêche, activité mieux estimée et surtout plus lucrative. À leur retour, les pêcheurs avertissent les habitants du type de poissons qu’ils ont attrapés en émettant un bruit de klaxon différent pour chacun d’entre eux. Enfin, les enfants dans leurs uniformes d’écoliers suivent les cours d’anglais, de swahili, d’arabes et de maths sur les bancs de l’école publique. Trois ordinateurs pour 5000 élèves permettent de les préparer à l’ère de l’informatique.
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Dans un silence rythmé par le flux des vagues, les journées passent, paisibles, apaisantes. Des coquillages incroyables viennent s’échouer sur la plage – des méduses aussi. Nat s’est fait mal au dos avec la moto.
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Nous le bichonnons (la masseuse et moi) pour qu’il se remette, et partons (Nat et moi, snif sans la masseuse) à Stone Town pour retirer de l’argent. C’est bien notre veine, il pleut des cordes sans discontinuer.
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Enfin le soleil réapparaît, et nous reprenons la route direction Jambiani d’abord, dans le sud-est de l’île (la plage est décevante, car il faut traverser près de cent mètres d’algues, d’oursins et de cailloux pour l’atteindre à marée basse), puis Kizimkazi, devant « la baie des mille dauphins ».
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On l’aura compris, le problème pendant la saison des pluies, c’est qu’il pleut. Mais l’avantage c’est qu’il n’y a personne. Mais alors vraiment personne. Robinson et Robinsonne sur leur moto dorée, nous trouvons une guest-house qui ne paye pas de mine mais semble ouverte, perdue au bout d’un chemin caillouteux. Surprise, l’endroit est idyllique, la chef cuisto hors pair et les pêcheurs apportent au jour le jour de nouveaux poissons frais. La plage à marée basse laisse apparaître des bancs de sables peuplés de petits coquillages vivants. Vous avez déjà vu un coquillage marcher ??
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Le réveil nous sonne aux aurores le lendemain. C’est pour la bonne cause : nous allons nager avec les dauphins ! Le petit bateau à moteur prend la mer sous les premiers rayons du soleil. Les voiles triangulaires des dhows, bateaux traditionnels de Zanzibar, apparaissent de part et d’autre de la mer agitée : l’aube est le meilleur moment pour la pêche.
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C’est aussi le meilleur moment pour voir les dauphins. À peine arrivés dans la baie, quelques groupes montrent leurs dos ronds et leurs nageoires. On s’approche, on s’approche, j’enfile les palmes, le masque et le tuba : Go ! Go ! Et plouf, une grenouille tente de les rejoindre à coup de palmes. Mais ils nagent vite, bien plus vite que moi ! Je remonte sur le bateau, on s’approche d’un autre groupe et Hop ! Rebelotte ! C’est génial, je suis tellement impressionnée d’approcher ces poissons mythiques.
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Nat souffre encore du dos, mais finit par faire une entorse à ses contractures pour se laisser lui aussi tomber dans l’océan. Pendant quelques interminables et inoubliables secondes, nous nageons côte à côte, calmement, tendrement, entourés d’une poignée de dauphins blancs. Fabuleux.