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Vendredi 20 avril 2007 Précédent

Dans un village massaï (Longido)

Ce soir, c’est camping sauvage. Salim a déposé Boubou au village de Longido pour qu’il puisse rejoindre Nairobi ; il a son avion demain matin. S’il ne savait pas dire bonjour, on constate qu’il ne sait pas non plus dire au revoir : pas un regard, pas un signe de la main, rien. Epatant.

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On se fait une courte balade sur la montagne de Longido, dans l’espoir de voir le Kilimandjaro. Mais avec la saison des pluies, la bête se fait discrète, et nous ne voyons que le voile plus ou moins opaque des nuages.img_0499.jpg Alors que la nuit tombe, on ne s’avoue pas vaincus : peut-être que demain aux aurores nous aurons plus de chance.

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Arrivés au campement, Shérif et Salim ont préparé un feu et monté les tentes. Un Massaï qui passait par là propose de faire la garde pour la nuit. Contre quelques centaines de shillings, il tient les animaux et les autres Massaïs à distance. Prenant sa mission très au sérieux, l’homme vêtu du tissu rouge vif traditionnel, un casse-tête à la main et chaussé de chaussures en pneu, s’assoit dignement sur un rocher en hauteur, et reste immobile et silencieux à épier les alentours. Dans la nuit noire, un second Massaï fait irruption. Lui aussi nous propose son aide, trouve un accord avec le premier, et entreprend d’aller chercher davantage de bois. En quelques secondes, il s’enfonce dans la forêt, pieds nus, une faible lampe torche à la main. On a à peine le temps de reprendre la discussion qu’il revient, traînant… un arbre entier ! C’est une force de la nature. Il nous fait toucher ses biceps, impressionnant. Fier de son effet, Popeye repart à grandes enjambées dans la forêt nous en chercher un autre (précisons pour nos amis écolos que c’étaient des arbres morts).

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Le lendemain, le Kilimandjaro refuse encore de se laisser voir. Tant pis, nous faisons un tour dans le village, puis dans un « boma » Massaï. img_0514.jpgimg_0526.jpgC’est le village d’un homme très pauvre, et de toute sa famille. Par tradition, l’homme construit une maison pour chacune de ses femmes, et entoure le village de ronces pour le protéger des animaux. Seules quelques poules rachitiques caquètent dans la cour de sable couleur sépia.

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Les maisons doivent faire 8 m2. Elles sont composées d’une entrée où peuvent se réfugier les animaux du village. Puis une porte s’ouvre sur une petite pièce contenant un foyer pour le feu. On ne tient pas debout dans la petite hutte de pisé, un mélange de sable et de bouse retenu par une armature en bois. Il fait aussi très sombre ; il n’y a pas d’autre fenêtre qu’une petite fente dans le mur. Dans des alcôves, des planches de bois recouvertes d’une peau servent à dormir. Il y en a deux : une pour la femme, une pour les enfants.

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img_0564.jpgLes petits jouent dans la cour. Ils ont un peu peur de nous voir, tout blancs, si grands. Nous croisons en partant les femmes qui rentrent du point d’eau, par chance à quelques dizaines de mètres seulement de là.


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Carnet de voyage, Tanzanie, le 20 avril 2007.

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