"Le projet..."



Planisphère

on est là... + d'infos sur Yahoo!

On est ici...

Jeudi 28 février 2008 Précédent

Road Trip

Le matelas de l’hôtel de Wellington est si doux et confortable qu’il nous casse le dos. On s’est tellement habitué à dormir sur nos isolants de 2 cm d’épaisseurs !
-
p1150362.JPG Wellington est la capitale culturelle de la Nouvelle Zélande. Et quelle chance, nous arrivons pendant le New Zealand International Arts Festival. On sort nos plus jolis vêtements (vu le choix, c’est vite trouvé !) et on prend des places pour le Shen Wei Dance Arts. Je le mentionne parce que c’est un des plus beaux spectacles de danse qu’on ait jamais vus. Le chorégraphe est sino-américain et travaille sur des mouvements courbes, des portés, des tableaux. Il devrait participer à l’inauguration des prochains JO de Pékin.
-
D’un coup de bateau, nous descendons sur l’île du sud. Nous naviguons dans un brouillard à couper au couteau, pour arriver sous une pluie battante à Picton. Impossible de sortir de la gare d’arrivée. Encore moins de penser faire du stop : qui voudrait prendre dans sa voiture deux rats mouillés ?
On demande le prix du bus pour la ville la plus proche: 50$ par personne. Hum.
-
Nat s’appuie contre le mur, sur des affiches publicitaires. En discutant, on se rend compte que les pubs comportent un numéro, que l’on peut composer sur le « free-phone » placé à côté. Intelligent ! Des loueurs de voitures vantent leurs prix d’appel à 25$ par jour. Calcul rapide : rien que le bus nous permettrait de louer une voiture pendant quatre jours. p1150421.JPGOn appelle, et en deux minutes, on a une voiture qui nous attend. L’île du sud est nettement moins peuplée que celle du nord, et à nous l’indépendance !
-
Notre voiture nous emmène sur des sentiers de campagne, tous plus beaux les uns que les autres. Le soleil tente quelques percées, et illumine la baie, les falaises, les collines, les vignes, les pins, les pommiers, les plages, et toutes les autres merveilles de la nature qui pousse dans ce paradis. Nous marchons avec un couple de québécois sur la route d’Abel Tasman. C’est un trek facile, en bord de mer, qui pourrait faire penser aux calanques de Cassis. Le DOC, le département de conservation qui régit les espaces naturels a pensé à tout : le chemin est tracé, les temps de marche calculés à la seconde près, des aires de campement sur la route et un nombre limité de personne. On trouve le calme, la pluie, le soleil, le vent, et on prend l’apéro avec des pêcheurs le long de la rive.
-
p1150645.JPG On remonte dans la voiture, on fait une halte confortable pour déguster quelques vins de la région Marlbourough puis nous repartons le lendemain vers Kaikura. Ici, on mange les meilleures langoustes du monde. On en achète une bien grosse, bien vivante, pour la cuisiner dans un camping. Le poissonnier me donne les instructions sur un bout de papier. J’emprunte une casserole plus grosse que notre cook-set/dînette à la tenancière du camping.
Je lis.
« Drown it in cold water
- Nat, ça veut dire quoi, drown en anglais ?
- Aucune idée.
- bon. »
J’ouvre le robinet et remplis l’évier d’eau froide. Je pose la langouste dedans, le temps de mettre à chauffer l’eau dans la casserole. Mais la langouste se révolte, me regarde avec des yeux assassins, fait voler l’eau en éclat et se retrouve par terre. Je hurle. Dans la cuisine, tout le monde me regarde comme un monstre d’oser tuer de sang froid cette pauvre bête. Moi qui voulait seulement manger une langouste bien fraîche, je me transforme en meurtrière. J’ai honte. Et personne semble vouloir m’aider.
-
p1150672.JPG J’enferme la langouste dans plusieurs sacs plastiques, et je pars trouver la tenancière. Elle avait l’air de s’y connaître en cuisson de langouste.
Porte close. Le bureau est fermé. Je suis toute seule dans la nuit noire avec mon sac qui bouge. Je vais la remettre à la mer. Je ne veux pas la tuer. Je cherche de l’aide quand je vois une grosse bonne femme. Elle doit être moins chochotte que moi, je lui demande à tout hasard.

« Une langouste ! Attendez, j’appelle Jack, mon mari »
Jack est l’homme de la situation.
Il coule la langouste dans l’eau froide d’une main franche (drown, ça veut dire noyer ! »), jusqu’à ce qu’elle s’arrête de gesticuler, la regarde avoir un dernier sursaut en la plongeant dans l’eau bouillante, et me la sert sur mon assiette.
Je lui demande un peu d’où il vient, il est australien et travaille pour une entreprise qui vend des cercueils.
Forcément !

TOP