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Dimanche 24 juin 2007 Précédent

Ville au bord du chaos (Beira)

Hum que c’est bon de prendre l’avion ! Pour s’éviter 3 jours de bus non-stop sur une piste brise-vertèbres on s’offre le luxe d’avoir les jambes en l’air. Ca fait bizarre de traverser des distances si facilement, sans prendre vraiment le temps de savourer la dureté du sol, l’évolution de la nature et des habitations, des récoltes et de l’atmosphère. C’est peut-être même un peu frustrant, d’autant qu’on n’aura pas vu le Zambèze. Mais notre visa ne dure qu’un mois, et on a vraiment envie de passer du temps à Maputo.
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On arrive d’abord à Beira, au centre du pays. Beira est considéré comme une ville moche et dangereuse, ou personne n’a envie de mettre les pieds. p1000972.jpgPourtant, on est surpris par cette ancienne ville coloniale en ruine : il se dégage du contraste entre la splendeur du passé et la misère actuelle un charme très particulier. La ville a également été un des laboratoires du mouvement Bahaus en Afrique, et les bâtiments inventifs des années 50 jouxtent les demeures portugaises. Il a beaucoup plut ici ces derniers temps. Le sol couvert de flaques d’eau donne des reflets et des perspectives aux hauteurs de la ville. Cette fois-ci c’est un ami d’un congolais rencontré dans l’avion qui nous mène vers notre auberge. On apprend ici que le commun des mortels, avant d’être suspicieux et égocentrique, est par nature attentionné et prévenant.
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Mais là encore, l’absence de tourisme a transformé les hôtels en bordels. Cette fois on n’a pas l’embarras du choix, on mange donc dans un défilé d’hommes accrochés à leurs bières et de femmes en quête de meticals (la monnaie locale). Une jeune prostituée, totalement défoncée, erre dans le restaurant de l’hôtel en manque d’une épaule sur laquelle s’appuyer. Sous les apparences sympathiques de ce manège des corps, elle donne à voir l’envers du décor, la souffrance et la solitude de ces femmes. C’est en tout cas comme ça que je le ressens.
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Si Nampula au nord est une ville prospère en raison de l’activité du corridor qui permet à la Zambie et au Malawi d’avoir un accès à la mer, Beira est dans la galère. Son port relie le Zimbabwe à l’Océan Indien. Mais le pays de Mugabe est au bord de la guerre civile et Beira accueille plus de réfugiés que de produits vers l’exportation.
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p1000981.jpgp1010021.jpg On descend (par la route cette fois) sur Villanculos, une station balnéaire sur l’Océan. Et là, nouvelle surprise : un cyclone est passé trois mois avant nous. La côte est dévastée. Entre les cocotiers sans tête, on découvre les maisons renversées, les routes bloquées et les tentes de l’Unicef venues remplacer temporairement l’hôpital en ruine. Seul Ben, gérant dynamique du Complexo Allemana a eu le temps de remettre sa guest house sur pattes. Cet homme est incroyable : il arrive à seconder la cuisinière, réparer le ballon d’eau chaude, préparer une soirée de 100 personnes et prendre des réservations, tranquillement, une bière à la main. Chapeau bas ! Le soir en effet, le bar se transforme en dance-floor, où tous les jeunes du village défilent avec des petits looks bien sympathiques.

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