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Mardi 10 juillet 2007 Précédent

Le Mozambique chasse les pesticides périmés et importe du DDT

Reportage paru sur Novéthic
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Alors que le Mozambique conduit, depuis 2003, un programme d’évaluation, de collecte et de traitement des 600 tonnes de pesticides périmés recensés, le ministère de la santé commande près de 900 tonnes de DDT au nom de la lutte contre le paludisme. p1010942.jpgL’absence de gestion raisonnée des stocks et de mécanismes de contrôle risque de transformer rapidement une partie de ces produits en une nouvelle source de pesticides obsolètes.
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Sur les quarante dernières années, 50 000 tonnes de pesticides périmés auraient contaminés des dizaines de milliers d’hectares sur le continent africain. Rien qu’au Mozambique, 600 tonnes d’insecticides, d’herbicides, de fongicides et, dans une moindre mesure, de raticides périmés ont été recensées. Un taux relativement faible comparé à d’autres pays d’Afrique : en 1993, l’entreprise Shell avait déjà traité un stock de 193 tonnes de monocrotophos périmé. Puis, entre 1999 et 2001, le gouvernement danois, soutenu par l’association d’entreprises productrices de pesticides CropLife, avaient ensuite récolté et traité 900 tonnes de produits obsolètes.
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Pourtant, les pesticides périmés continuent de s’accumuler. Depuis 2003, la FAO en coopération avec les ministères de l’agriculture, de l’environnement et de la santé, conduit un nouveau programme en trois phases : évaluation, collecte et préparation au traitement, envoi et prévention de l’accumulation future. Un programme pensé sur le modèle de l’African Stockpiles Programme (ASP), programme africain relatif aux stocks de pesticides mis en place dans plusieurs pays par un consortium d’organisations internationales, d’ONG et d’entreprises, telles que la FAO, la Banque Mondiale ou Croplife. « Le Mozambique n’avait pas signé le protocole de Stockholm à l’ouverture de ce programme », justifie Khalid Cassam, directeur de la section d’homologation des pesticides au département des plantes du ministère de l’agriculture à Maputo. « Alors nous avons reçu un financement du gouvernement japonais ». Les 3,5 millions de dollars, offerts par le Japon, viennent réparer les erreurs du programme KR2 : en 1996, le Mozambique avait été sujet à une invasion de criquets migrateurs. Le Japon s’était engagé à livrer des pesticides pour enrayer le fléau, mais ces produits étaient arrivés trop tard et en quantité excessive. Les années suivantes, l’invasion ne s’était pas renouvelée et les pesticides, désormais périmés, dépérissent toujours dans les magasins de l’Etat.
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Traitement des déchets

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p1010944.jpg Si le Mozambique importe la totalité de ses pesticides, il doit également exporter les produits périmés pour les détruire dans des conditions acceptables pour l’environnement. La FAO a pu collecter 334 tonnes de déchets dangereux et 289 tonnes de matériaux divers (sols, emballages etc.). Le Mozambique, signataire de la convention de Bâle, devra se tourner vers un autre pays membre pour les traiter. Cependant, comme la convention interdit le déplacement des terres entre les pays, les sols contaminés devront être purifiés sur le territoire. « Le Mozambique n’a pas l’infrastructure ni les compétences techniques pour cela », note Khalid Cassam. « L’entreprise qui va traiter nos pesticides n’a pas encore été choisie, et nous allons devoir trouver une solution pour assainir les sols contaminés rapidement, car leur superficie s’étend à chaque saison des pluies ». Le Mozambique, pour éviter que cette situation ne se reproduise indéfiniment, souhaite soit participer au programme African Stock Piles soit bénéficier d’une aide des producteurs de pesticides, réunis dans l’association Croplife.
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Car le problème demeure. La « zone verte » de Maputo, espace agricole qui entoure et nourrit la capitale, fonctionne en monoculture intensive et s’avère vulnérable à certains types de ravageurs. « Une vingtaine de pesticides sont utilisés ici sans protection, ni respect du dosage, ni observation du temps de latence entre la diffusion des pesticides et la mise en vente des produits sur le marché », regrette Franck Bouvet, conseiller technique en chef à la FAO à Maputo. « La majorité des agriculteurs sont analphabètes et ne reçoivent aucune formation avant d’utiliser ces produits ». « Cette utilisation approximative est un danger pour la santé des populations, et peut favoriser la dégradation des sols et des eaux », ajoute Samson Cuemba, coordinateur national de l’évaluation de l’impact environnemental au département pollution et prévention du ministère de l’environnement. Depuis le début du programme, une cinquantaine de personnes ont été formées au problème des pesticides, la législation revue pour plus de transparence et le contrôle auprès des entreprises a été renforcé. Mais ces mesures restent largement insuffisantes et peinent à être appliquées.
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L’importation de DDT pour des raisons sanitaires liées à la lutte contre le paludisme pose des problèmes supplémentaires.
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Reportage, Mozambique, paru sur Novethic le 18 juillet 2007.

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