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Jeudi 14 juin 2007 Précédent

L’hôtel de passes (Nampula)

Arrivés à Nampula, la ville nous paraît dense, rapide, bruyante et sombre. Horacio nous conduit en minibus vers une auberge qu’on lui a indiquée ; on goûte une nouvelle fois à l’incroyable hospitalité des Africains.

Mais l’hôtellerie est très chère au Mozambique, pour des chambres plus que modestes. On a repéré une pensao abordable, à déjà 13 $, au sud de la ville. Arrivés au lieu dit, l’écriteau mal accroché au-dessus de la porte d’entrée ne nous dit rien qui vaille. On traverse une cour sombre, on monte pas à pas l’escalier étroit, sale et inquiétant, pour déboucher sur une sorte de bar. p1000413.jpgQuelques tables, quelques chaises, trois hommes boivent de la bière. L’un d’entre eux se lève lourdement et nous montre la chambre ; c’est atroce. Sur un des deux lits, une tâche encore fraîche s’étale, humide, sur les draps défaits. Des murs sans fenêtres, seules deux ouvertures en hauteur laissent entrer un semblant de lumière. Du sang sur les murs, des traces de mains et de doigts rouges. Et des moustiques, bien sûr. Je dis à Nat « non, on ne reste pas là ». Mais j’ai dû le dire d’une si petite voix qu’il n’a pas entendu. On s’installe dans la chambre. Je vais à la salle de bain sur le palier ; une horreur. Pas d’eau, juste des bassines pour se nettoyer. Je me mets à pleurer, cet endroit est trop glauque, je ne veux pas rester là.
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Comme on ne veut pas laisser nos affaires dans la chambre sans surveillance (la serrure semble avoir été défoncée maintes fois), ni se trimballer dans cette ville qu’on comprend mal avec nos gros sacs, on sort acheter de quoi se faire un pique-nique au supermarché d’en face. Qu’est-ce que ça fait du bien d’être dans un endroit propre, bien éclairé, rassurant ! On rentre manger notre merveilleux repas à base de poulet et de chips dans la chambre, mais je ne peux toucher à rien. Les femmes font des allers-retours pour se laver aux toilettes, les hommes attendent leur tour en buvant des bières. J’ai mal de voir ça, j’ai mal en tant que femme, ces hommes me répugnent. Non Nat, je ne veux pas rester là !!
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Finalement on paye comme tout le monde la chambre pour une heure, et on se tire en taxi. Ouf, quel cauchemar !
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On atterrit dans un hôtel bien plus cher, mais aussi bien plus propre et sécure. Je retrouve le sourire, on se fond dans les draps, quand… la boîte de nuit d’à côté ouvre ses portes ! Impossible de fermer l’œil. On a l’impression de dormir sur le dance-floor, à côté des enceintes. On se lève le matin très énervés. Au moment de payer la chambre, on se prend au même moment une sacrée colère : hors de question de payer 30 $ pour un hôtel où on n’a même pas pu dormir ! On tape un scandale en franco-hispano-anglo-portugais, à un réceptionniste uniquement lusophone. Au bout d’une demi-heure, il décide d’appeler la police. Comme on sent le vent tourner, on se dit qu’il vaut mieux arrêter notre char et payer la chambre avant de se retrouver au poste. On arrête un mec dans la rue, qui parle anglais et traduit au réceptionniste l’altercation. Et là, gros fou rire : au bout de ¾ d’heure de prise de tête, on se rend compte qu’on ne s’est pas du tout compris. Le réceptionniste pensait qu’on avait été en boîte, qu’on avait sûrement trop bu et que du coup on n’avait pas très bien dormi, donc on refusait de payer la chambre. Il a dû nous prendre pour de grands malades !!

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