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Jeudi 12 juillet 2007 Précédent

Culture urbaine (Maputo)

On trouve toute sorte de musique à Maputo. Mais de la même façon que certains calquent la musique MTV, d’autres s’inspirent des courants rocks, électro, etc importés de l’occident.

p1010709.JPGDu coup, si les concerts sont de qualité, le spectacle est surtout dans la salle : les gars, quelques filles, travaillent leurs looks et font dans la surenchère. On passe le dimanche après-midi à un tremplin-rock organisé au Franco. Ca pogotte pas mal, ça picole pas trop. Un mec cagoulé mène une danse macabre allongé par terre entre nos jambes, un autre pété comme un coing s’auto-pend avec une ceinture autour du cou. Beaucoup d’attitude mais quelle énergie ! Ceci dit on part quand même avant la fin ; trop de bruit tue le son.
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On mène le lendemain notre interview avec Salimo, le chanteur qui faisait exploser son public sur parole, sans qu’on n’y comprenne un traître mot. Son histoire est singulière : il est un des rares chanteurs à s’exprimer sur la guerre civile, à raconter précisément et sans langue de bois ce qu’il a vu, ce qu’il s’est passé. Si le Mozambique aujourd’hui regarde vers le futur, la réaction passionnée du public montre que cet épisode n’est pas tout à fait digéré. Censuré sur plusieurs radios, surtout les ondes publiques, Salimo est peu diffusé mais pourtant très connu et apprécié. Le concert était particulièrement cher mais les gens s’étaient déplacés même des quartiers les plus pauvres. Maintenant on comprend mieux !
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Sur la lancée, on va faire un tour au Musée de la révolution. Mais là, rien d’extraordinaire, les quatre étages sont une propagande bien agencée du Frélimo, le parti qui a obtenu l’indépendance et pris le pouvoir. Si on a du mal à entrer dans les textes à cause de la langue, les photos sont édifiantes : on y voit les colons le ventre en avant, les jeunes révolutionnaires dans le maquis, les enfants soldats armes à la main. p1020032.jpgOn se rend toujours difficilement compte en lisant l’histoire d’un pays de ce que les mots représentent en réalité. Ces photos, prises sur le vif, donnent à voir ce qu’était la révolution au quotidien. Malgré l’énergie romantique de la libération, au jour le jour, c’est surtout la douleur, la mort et l’horreur.
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Il y a encore plein de choses à découvrir à Maputo. Comme chaque fois, on trouve le temps trop court et on reste sur notre faim. Même si nous avons prévu de voyager un an et demi, même si on reste un mois en moyenne par pays, le temps passe trop vite. Il nous faudrait des journées de 70 heures !! On part déjeuner au marché au poisson sur le bord de mer. C’est tout simple, on choisit des énormes crabes encore vivants sur le marché, et un cuisinier nous les prépare comme on le souhaite. L’ambiance est super sympa, genre repas de kermesse. Des vendeurs passent en continu entre les tables si bien qu’on aurait pu faire notre marché, simplement attablés. Comme souvent, des enfants viennent en fin de repas voir ce qu’il y a encore à manger. On reste un moment avec un petit ; il se régale de crabe et de poisson frais. La vie n’est pas simple pour tout le monde.
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L’après-midi, on évite la parano ambiante, décidément présente dans toutes les grandes villes africaines, pour aller au marché de Xipamanine, en dehors du centre-ville. C’est le supermarché des mozambicains : ici on peut tout acheter. On trouve une casquette pour Nat, et on passe faire une bise à Thomas, notre pote du train Cuamba/Nampula qui travaille juste à côté.
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Pour clore notre reportage sur les pesticides périmés, on part à Boane en voiture ministérielle visiter l’entrepôt de stockage des pesticides. Loin de la ville, les bidons s’entassent en attendant de trouver un pays qui puisse les détruire correctement. Encore une fois ça partira vers l’Europe pour les Etats-Unis, faire fonctionner des entreprises de traitement qui ont besoin de volumes pour assurer leur pérennité.
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Et ce qui devait arriver arriva, on doit partir demain. Snif ! On a enfin réussi à battre Marco à Questions pour un Champion. Après deux semaines de lutte acharnée, on n’est pas peu fiers ! p1010949.jpgOn a rendez-vous avec Matchume du Timbila Muzimba, pour suivre une répet du groupe. On prend un chapas pour la périphérie de Maputo. Ici les maisons s’alignent autour d’une route en terre, les enfants jouent dans la rue pendant que les mamans vendent des cacahuètes ou nettoient le linge. On s’assoit dans un coin pendant que le groupe commencent à jouer leurs morceaux. Mais quelle surprise ! La musique est extraordinaire et nous prend aux tripes, à tel point que dès le deuxième morceau, nos corps commencent à danser. Ça ne ressemble à rien de ce qu’on connaît, c’est un mélange d’instruments traditionnels et de basse, batterie. Il y a surtout une énergie, une force de vie qui émane de chaque note ; la musique semble dire la vie qui ne demande qu’à s’exprimer après la rudesse de l’histoire. On est loin des resucées d’MTV ou du rock US. C’est frais, c’est nouveau, je rêve de les voir bientôt en concert. Peut-être en France ?
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Carnet de Voyage, Mozambique, 12 juillet 2007.

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