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Mardi 3 juillet 2007 Précédent

Ca chauffe à Maputo !

Le bus arrive dans la nuit à Maputo. On n’est pas trop rassurés, ce n’est jamais bon d’arriver dans une gare routière de nuit, avec nos sacs sur le dos. On prépare le coup avec le chauffeur et on fonce dans un taxi, direction Costa do Sol chez Marco et Lise. On est chargés à craquer de noix de coco, mandarines, oranges achetées sur la route ; ils ont fait le plein de bières, de chips, de chocolat… Bienvenue !
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p1010633.jpg On a rendez-vous dès le lendemain matin pour une interview sur les pesticides périmés au Mozambique. Encore une fois, on nous explique que la notion de développement sert avant tout aux pays du nord. D’abord, on propose une subvention à l’achat de pesticides aux pays du sud pour leur permettre de produire plus, et d’éviter ainsi les périodes de famine. Mais qui produit ces pesticides ? Les pays du nord, qui indirectement empochent les subventions. Puis lorsque les pesticides ont créé suffisamment de dommages collatéraux, on offre des subventions aux pays souillés pour qu’ils se débarrassent des pesticides périmés. Mais qui traite ces produits obsolètes ? Toujours les pays du nord, qui encore une fois empochent ces subventions. Les pays en voie de développement sont-ils le prétexte aux pays du nord pour donner des subventions à leurs entreprises agrochimiques ?
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On passe l’après-midi dans Maputo, curieux de découvrir cette ville dont on nous a dit tant de bien. On se promène sur le front de mer, succession de maisons plus grandes les unes que les autres, pour aller manger une glace au jardin des amoureux. p1010390.jpgNous sommes dans le paradis des gardes, des barrières et des sociétés de surveillance ; le seul contact que ces maisons entretiennent avec leur environnement, c’est la vue sur la mer. On s’enfonce alors dans la ville vers la baixa, la partie basse plus populaire. Entre les bâtiments du Bahaus, les maisons coloniales portugaises et les immeubles plus ou moins hauts, la vie s’organise, douce mais vive, alerte. On se familiarise avec les chapas, minibus super bien organisés qui permettent de se balader dans la ville rapidement, sans avoir recours aux taxis.
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Maputo a une scène artistique et musicale particulièrement dense. On prend contact avec le Franco, le centre culturel franco-mozambicain. Comme les Alliances Françaises, les centres culturels français sont financés tout ou partie par la France. Ils disposent de moyens bien plus importants que les salles locales, ce qui en fait généralement des lieux dynamiques et souvent incontournables pour la promotion de la culture du pays. p1020036.jpgLisa-Maria nous annonce qu’il y a demain un concert de Salimo Muhamad, un chanteur hyper connu et aimé ici, qui attire un public essentiellement masculin, d’une quarantaine d’années. Pourquoi pas ! À l’heure dite, nous arrivons avec Marco, Lise, Julie de l’Ambassade au concert. La salle est comble, le public déchaîné, mais on ne comprend pas un traître mot : il chante et parle en changana, un dialecte local. Pourtant une question nous taraude : qu’est–ce qu’il peut bien leur raconter pour provoquer une excitation pareille ??? On décide de prendre rendez-vous avec le chanteur pour une interview. C’est un garçon un peu sauvage, assez méfiant, mais il finit par accepter ; on a rendez-vous jeudi. Super, car ce concert reste pour nous un mystère.
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Le concert s’est terminé tôt, et les boîtes commencent à bouger assez tard. On a donc le temps d’aller manger avant d’entrer au Coconut, une boîte locale sur le front de mer. C’est paraît-il une des meilleures d’Afrique. Possible ! Le lieu est grand et vraiment sympa, avec ses deux dance-floors, et la scène entourée par les lianes d’un gigantesque arbre qui surplombe le bâtiment. p1010897.jpgp1010393.jpgLe Coconut existe depuis des années, et les parents des fêtards qui se trémoussent sur la piste venaient déjà élimer leurs talons devant la scène surélevée. Il y aurait même eu, avant-guerre, un mini-golf et un circuit de petites voitures. Drôle !
Le concert dans la grande salle commence sur les coups de 2h du mat. Lizha James monte sur scène. Mais on la connaît celle-là ! C’était la super jolie fille habillée de rouge qui chantait en play-back sur le bord de mer devant une caméra, sûrement pour préparer son prochain clip. Mais on ne fait pas long feu ce soir : à force de se lever aux aurores pour attraper des bus, la nuit, on a du mal à tenir le coup.

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Carnet de voyage, Mozambique, 3 juillet 2007.

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