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Vendredi 8 juin 2007 Précédent

On est en bonne santé (Mulanje)

On passe quelques jours à Blantyre. La ville n’a rien d’exceptionnel, si ce n’est un supermarché comme on n’aurait jamais pensé en voir ici. Entre la ville de Blantyre et la ville limitrophe de Limbe, un énorme centre commercial : Shoprite. Ici c’est l’Europe : l’internet est en wifi, les marques de yaourts se comptent par dizaines et les fruits sont calibrés et sans saveur.

Au rayon « lunettes de soleil », on rencontre un Allemand super costaud, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à monsieur Propre : crâne rasé, large d’épaules, t-shirt jaune. Il est parti par la route en 4×4 pour traverser l’Afrique, mais s’est retrouvé sans un rond à Blantyre. Depuis un an, il vend des lunettes dans le centre commercial, en attendant de repartir un jour.
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Après une bonne nuit à l’hôtel, on décide de partir pour Elephant March dans le sud du pays, faire un tour sur une rivière où il y aurait des centaines d’espèces d’oiseaux différentes. Et peut-être aussi des crocodiles. On prend un minimum d’affaires et on se met en route. Mais je ne me sens pas très bien. J’ai mal à la tête, aux épaules, j’ai des boutons sur tout le corps, je me sens un peu patraque. On décide de faire demi-tour et de faire un saut à l’hôpital. Le médecin vient nous voir : « Vous n’auriez pas aussi un problème aux yeux ? » Ah oui, on a toujours notre conjonctivite.
« And do you have caugh ?
- Oh no thank you I don’t wan’t coffee »
Babel, Babel… toujours et encore, quand tu nous tiens !
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On va faire nos analyses au fond du couloir à droite. C’est une clinique privée, si propre et bien organisée qu’en une petite demi-heure, on a nos résultats. Plus de peur que de mal ; je vais très bien.
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image-22.pngimage-20.png Il est un peu tard pour partir à Elephant March, du coup on se dirige sur Mulanje. Ce sont des montagnes à deux heures au sud de Blantyre. On ne regrette pas notre choix : la présence du gigantesque rocher de granit nous procure une belle émotion. C’est étonnant comme il émane de certaines montagnes ou certains lieux une sensation particulière. On pense à notre belle Sainte Victoire, si fascinante. On trouve une guest house au cœur d’un petit village. Puis tout s’enchaîne de façon fluide et évidente. On va dîner, on s’arrange avec le gardien pour rencontrer quelqu’un qui connaisse la montagne et avec qui on pourrait faire un tour. Au réveil on marche à sa rencontre au village d’à côté, à deux kilomètres. Le soleil se lève doucement, on avance tranquillement le long de la route, comme tout le monde ici. image-21.pngAustin vient nous voir et nous partageons un café. Nous traversons des forêts de gum tree, des plantations de thé tenues par des anglais, des villages, pour arriver à une piscine naturelle, sur une rivière qui descend de la montagne. On sort les provisions : des toasts, des bananes, des « granadillas » (fruit de la passion) achetées sur le chemin, et des haricots rouges à peine cueillis et bouillis. C’est délicieux. L’eau et gelée, on sèche au soleil, et on rentre tranquillement à pied puis en vélo-taxi à la nuit tombée. Le coucher de soleil sur les plantations de thés encore verdoyant de la fin de saison des pluies, et cette montagne !
Ah, si tous les jours étaient aussi simples que celui-ci !!

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