La chasse aux hippos (Liwonde)
En arrivant à Zomba, Nat m’annonce une surprise : « pour fêter tes 30 ans et nos 30 mois ensemble, ce soir, on dort dans un très bel hôtel ! »
Comme Nat adore les beaux hôtels et comme j’adore les surprises, on monte tout heureux dans une voiture dont la direction penche sur la gauche, pour atteindre après une route en lacets le plateau de Zomba. À 2000 mètres d’altitude, Zomba plateau domine à 360 ° tout le sud du Malawi, de Mulanje à Blantyre.
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Là encore, il fait un froid de canard. On ressort la polaire et le sous-pull thermique. Encore une fois, l’Afrique ne ressemble en rien aux clichés qu’on s’en fait : depuis qu’on est partis, entre les montagnes du grand rift et la saison des pluies, on a plus souvent eu froid que chaud !
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Mais l’hôtel a tout prévu, et nous avons une cheminée dans notre chambre. On se fait une balade à la tombée de la nuit pour aller voir la vue avec le coucher du soleil, et on passe la soirée à se dorer la pilule au coin du feu. Quel pied !
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On a tellement bien dormi que le lendemain on a une pêche d’enfer !! On prend un guide pour aller voir la « vue de la reine », un panorama qui se souvient que la reine Margaret est venue ici, et la « vue de l’empereur » en souvenir de l’éthiopien Halié Selassié. La vue sur la plaine, les montagnes de Molanje au loin, le lac Chilwa sur la gauche, est époustouflante. On marche trois heures à un rythme soutenu, 15 km au compteur matinal. Le long du sentier, des bûcherons coupent des branches que des hommes et des femmes portent sur leur tête jusqu’à la ville, à 7 km de là.
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D’un coup de minibus, on arrive à Liwonde, d’où nous passerons demain la frontière. Nous trouvons un petit nid au bord de la rivière Shire. Il paraît qu’ici on peut voir entre autres des hippopotames dans le parc national à côté de la ville. Dans l’énergie de la journée, on monte sur deux vélo-taxis pour aller voir ces fameuses bestioles au parc national. On arrive là-bas avec le coucher du soleil. On appelle une voiture qui doit venir nous chercher, on remercie les vélos pour la course, on attend. La voiture arrive, mais il est trop tard pour voir les hippos. Elle repart.
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Et là. Ben on s’aperçoit qu’on est tous seuls, comme deux idiots, à 7 km du centre et que la nuit est en train de tomber. On tourne le problème dans tous les sens : pas d’autre solution que de marcher jusqu’à la ville. On est épuisés mais on presse le pas, car ce n’est jamais très sûr d’être tout seuls en pleine campagne à la nuit tombée. Les routes ne sont pas éclairées, les voitures foncent et ne nous voient pas, et bien sûr on ne sait jamais sur qui on va tomber. Au bout de quatre kilomètres, on trouve finalement un vélo, puis deux, qui veulent bien nous prendre sur leurs porte-bagages. Je me demande comment ils arrivent à conduire dans cette nuit sans lune, mais chapeau bas, on arrive à bon port.
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Arrivés à la guest-house, on entend un grognement étrange. La réceptionniste nous dit : « Ah ce sont les hippopotames qui passent juste là, en contrebas. On pouvait les voir tout à l’heure mais là c’est fini, il fait nuit noire ». Nous les entendrons toute la nuit…
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Au dîner, nous faisons une rencontre improbable avec un Américain qui venait se séparer de sa femme, qui voyage partout, qui a la quarantaine et des cheveux gris-blonds longs, qui achètent des objets en bois malawite, qui vient de l’Alaska, et qui parle énormément.
Ouf, quelle journée !