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Samedi 2 juin 2007 Précédent

Dala Dala (à la frontière)

Dans un Dala Dala, il y a toujours de la place, même quand il n’y en a plus. On avait connu les minibus éthiopiens et les matatus kenyans, on voulait se donner une pause.

En Tanzanie, on avait tout fait pour éviter de monter dans ces fameux minibus prêts à rendre l’âme. Ils ne partent jamais avant d’être plein à craquer, mais s’arrêtent toutes les dix minutes pour faire monter de nouvelles personnes. Et les mettre où ??
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Cette fois, disons qu’on s’est trompés ! On part donc pour la frontière avec le Malawi dans un de ces cercueils roulants. Les Tanzaniens appellent ça des Dala Dala : au début ça coûtait un dollar, et le rabatteur disait : dolla’ dolla’ ! Si les prix ont depuis subi l’inflation, le rabatteur continue de siffler les passants pour leur demander s’ils veulent monter et de taper sur la carrosserie pour intimer au chauffeur de redémarrer. Dynamique ! On s’arrête à toutes les gares routières. Chaque fois, des dizaines de gars font semblant de se battre pour se tenir chaud (eh oui, on porte encore les polaires), vendent des fruits, des gâteaux, des sodas, courent dans tous les sens, crient et se hèlent, montent dans le Dala Dala, redescendent. À 7h du mat, on a l’impression d’avoir la tête dans un manège.
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Au bout d’une heure de trajet en pointillés, le chauffeur prend nos affaires ; on change de Dala Dala. Devant nous, une jeune femme se fait harceler par une dizaine de personnes qui toutes veulent lui porter sa valise : « sister, duende, duende (ma sœur, viens on y va là !) ». On monte dans le nouveau minibus qui attend à son tour d’être surchargé ; au bout de trois quarts d’heures, on part enfin. La route dans les montagnes du sud de la Tanzanie est superbe et le chauffeur s’arrête régulièrement pour stimuler l’arrivée d’essence. Chaque fois, de nouvelles personnes montent : on est 26 dans la petite camionnette d’ordinaire prévue pour 12 personnes, et où il est impossible de tenir debout.
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Le Dala Dala s’arrête à deux kilomètres de la frontière. Des vélos-taxis sont prévus pour faire le bout de chemin qui reste. Un mec prend mon sac alors que je monte sur le porte-bagages. Mais Nat est deux fois plus grand que le deuxième conducteur de vélo ; Il est du coup aussi un peu lourd, et même debout sur la pédale, le gars a du mal à avancer. Pas de soucis, on inverse les rôles : du coup c’est Nat qui pédale, le propriétaire du vélo sur le porte-bagages. Les gens du village sont pliés de rire ! Ça fait du bien de remonter sur des vélos ; toutes les images de notre voyage entre Paris à Barcelone cet été nous reviennent en mémoire. Humm…
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On change un peu de monnaie au marché noir, et on passe la frontière. On est au Malawi. On hume l’air : qu’est-ce qui a changé ? Il se passe toujours quelque chose d’indéfinissable à un poste frontière. L’impression du même et de l’autre, en simultané.

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