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Mardi 14 août 2007 Précédent

Pleins comme des sacs de riz (Rivière de la Tsiribihina)

Il fait froid ce matin lorsqu’on sort de la tente. Valérie, au loin, fait des étirements. Marco et Gaby, les deux allemands, espèrent à côté d’une canne à pêche, les piroguiers et Francisco s’activent à côté du feu. On remonte sur les pirogues, pour une nouvelle journée à expérimenter notre capacité à gérer l’immobilité.
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On fait un arrêt pour se laver dans les chutes d’eau, et à nouveau la pirogue, le clapotis de l’eau, le bruit du vent. On s’endort seuls sur la berge. Marco et Gaby partent dans leur tente, Nat et moi dans la nôtre. Valérie se retrouve en tête à tête avec Roda autour du feu de bois, et passe une soirée romantique à regarder passer le temps et le fil de l’eau ;-)
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dscf4072-copie.JPG On remonte sur la pirogue pour une dernière matinée de farniente, puis on hisse les sacs sur une charrette à zébu pour rejoindre à pied le village voisin. Les deux zébus essaient de garder la même direction, et d’avancer au même pas. Manifestement ce n’est pas facile car ils foncent chaque fois dans les fourrés sur le bord de la route. C’est la saison sèche, pourtant la route est inondée de larges flaques. À la saison des pluies, ces villages doivent être totalement isolés, impossibles à atteindre.
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Autour de nous, des rizières s’étendent au loin. On en profite pour tenter de répondre à une des 100 questions basiques que l’on se pose : comment on cultive le riz ?
Réponse : on jette d’abord des graines dans un carré de terre. Elles germent et donnent de petites pousses d’herbes d’une dizaine de centimètres, qui sont cueillies pour être replantées méthodiquement dans de vastes champs plats et recouverts d’eau. Chaque pousse donnera alors des tiges, sur lesquels sont accrochées une cinquantaine de grains de riz. En fouettant les tiges, les malgaches retirent les grains et les entassent dans de grands sacs. En moyenne, on peut compter entre deux et trois récoltes par an, de quoi nourrir une grande partie de la population.p1040334.JPG
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On arrive dans le village. Des maisons de bois, d’autres en chaux, autour d’une route en terre. Une stèle trône sur la place principale : elle a été érigée au moment de l’indépendance, et montre un soldat en treillis qui tient un homme presque nu, enchainé, à genoux devant lui. Francisco nous explique : le nouvel État a créé des polices afin de décourager les brigands et les voleurs de zébus. Le zébu a une place centrale dans la vie de Madagascar : c’est la viande la moins chère, avant le poulet et le cochon qui sont plus rares. Et c’est surtout un moyen de transport nécessaire dans ce monde sans voiture.
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On pose nos sacs dans une guest-house, au bout d’un chemin de terre. Hum, sympa, de la musique monte du bar : de la rumba congolaise, du reggae, des musiques malgaches, ça à l’air de bouger ! On va jeter un œil dans la salle. Quelle surprise ! C’est une sorte de salle de cinéma, où tout le monde est sagement assis sur des bancs, devant une télévision qui projette des clips de musique. Personne ne bouge, personne ne parle, personne ne boit, tout le monde est sérieusement concentré sur les vidéos bon marché diffusées sur l’écran. Inattendu ! Géraldine, à l’Alliance française de Tana nous avait déjà dit que le public malgache était très difficile à faire bouger. Mais à ce point !
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La douche est agréable, et l’apéro encore meilleur. Enfin, sans compter la présence à côté de nous de quatre italiens qui font vite preuve de leurs talents : premier rôt, première vanne, le tout filmé par les caméras des deux filles. Aie.
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On mange et on retourne à la « soirée » : les italiens ont offert de l’essence pour continuer de faire tourner le groupe électrogène le temps de siroter quelques bouteilles de rhum. Ils sont très saouls. On en profite pour danser un peu et apprendre les premiers pas malgaches, et on va se coucher. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde : les italiens bourrés sont pleins comme des sacs de riz et gueulent une bonne partie de la nuit ! « Les bronzés à Mada », c’est pas encore sorti ?

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