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Lundi 30 juillet 2007 Précédent

On fait confiance à la vie (Antananarivo)

On vole sur Air Madagascar, qui a sûrement eu son heure de gloire, il y a longtemps, très longtemps. Tout est branlant : les sièges, la lumière, les casiers à bagages. Et le moteur ??? Avec plusieurs heures de retard, on foule enfin le sol de Tananarive. Finie l’organisation rationnelle de Johannesburg, ici huit personnes font le travail de deux. Africa !
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p1030883.JPG Bien qu’on ait écumé toutes les librairies de Cape Town et certaines de Johannesburg, impossible de mettre la main sur un guide sur Madagascar. Manifestement, l’île n’est pas une destination prisée par les Sud-Af. Pour notre première nuit, on a donc réservé dans une guest-house trouvée sur internet. Un écriteau nous attend dans le hall de l’aéroport : « Gaëlle et Nathaniel ». C’est nous ! Le gars va rendre sa pancarte, son collègue part avec nos sacs. Et, euh… Ils sont passés où ? On les retrouve sur le parking et sous la pluie, et on grimpe dans la voiture. Le chauffeur est ivre mort, au bord de l’endormissement. Tanjona, le manager de la pension familiale est heureusement très doux et très sympa. On traverse dans la nuit noire et humide plusieurs quartiers qui nous semblent très pauvres. On est incapables de se repérer : on n’a jamais vu un plan d’Antananarivo, on ne sait pas où se trouve la guest-house. On se sert la main : encore une fois, on fait confiance à la vie et à l’honnêteté des gens.
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On arrive au bout de 20 longues minutes, et après avoir manqué de sortir de la route plusieurs fois. Le chauffeur est très fier et ne veut pas passer le volant : pour le tenir éveillé, on fait des blagues, on raconte des anecdotes, on essaie de le faire rire. Un challenge ! L’Irianja n’est pas vraiment un hôtel, mais une simple maison. Dans le salon, des pierres, des huiles, des encens, et la possibilité de faire des massages. Cool.
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On monte l’escalier en bois grinçant pour aller se coucher. C’est très étrange de s’endormir en étant incapable de se situer dans l’espace. Est-on au nord, au sud de Tana ? Il n’y a pas de clé à la chambre, on est les seuls clients de l’auberge. C’est plutôt inquiétant ; j’ai du mal à fermer l’œil.
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Heureusement le massage, ce matin, nous a fait le plus grand bien. Enfin… ça nous a aussi permis de réaliser toute la fatigue qu’on avait emmagasinée ces derniers temps. On a traversé l’Afrique du Sud rapidement, alors que c’est un pays complexe. C’est épuisant et éprouvant de tenter de comprendre et de s’adapter à un nouvel environnement en un temps si court. Il va nous falloir de l’énergie pour trouver la force de nous ouvrir maintenant à un nouveau pays.
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p1030891.JPG Mais la curiosité prend le dessus et on est impatients de découvrir Madagascar. On prend un bus avec Tanjona pour le centre-ville. Tana pourrait ressembler par certains aspects à une ville française. De petites maisons d’un ou deux étages avec balcons, un centre-ville marchand et animé, des publicités qui nous semblent familières (Maggy, la Vache qui rit…), et des Renault, des 2-chevaux, des 4L. Mais les habitants ont de drôles de visages, à la croisée de l’Afrique et de l’Asie.
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On prend un peu le pouls de la ville en se promenant dans les rues. Ça nous fait un bien fou de marcher à nouveau dehors, tranquillement. Librement. On s’arrête dans une pâtisserie : des religieuses au chocolat maison, des choux à la crème, des madeleines, des opéras. Je ne sais pas s’il est possible de percevoir le plaisir intense qu’on a ressenti en entrant dans ce lieu béni. C’est évident, il y a ici tout ce qu’on aime de l’Afrique, de l’Asie et de la France. Première impression : Madagascar est le paradis sur terre !

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