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Mercredi 15 août 2007 Précédent

Des japonais dans les baobabs (Morondave)

Au réveil, on doit partir pour les tsingys, mais pas de 4×4. Coco arrive en regardant ses pieds, et nous annonce d’une voix mal assurée que deux 4×4 sont tombés en panne hier, dont le nôtre et celui des italiens. Il a néanmoins trouvé un pick-up pour venir nous chercher. Mais sitôt arrivée, la voiture de remplacement cale et ne redémarre plus. C’est pas gagné.
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p1040869.JPG Après quelques rafistolages, on parcourt les 100 km de pistes (6 heures de route) qui nous emmènent aux tsingys. On s’estime plutôt heureux dans notre pick-up mal-en-point : les italiens doivent faire le trajet en camion-brousse. Avec la gueule de bois qu’ils doivent avoir ce matin, ça ne doit pas être une partie de plaisir ! Le paysage est aride et broussailleux. Sur le bord de la route, des parties de bush ont été brûlées. On hésite : est-ce que des habitants bien cachés dans le bush ont mis le feu à ces bandes de terre pour faire des brulis et apporter une herbe neuve et fraîche pour leurs zébus ? Ou est-ce que tout le monde fait comme notre chauffeur et balance ses mégots de clope encore allumés par la fenêtre ? Ces zones charbonneuses donnent un caractère déprimant à ce paysage déjà hostile.
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Après la chaleur, la poussière, les heures passées à faire des bonds douloureux sur les sièges désossés, on goûte l’intense bonheur d’apprécier une bière bien fraîche. On franchi sur un bac le fleuve qui jouxte les fameuses tsingys, on s’assied au bar et on ne bouge plus. On est sales, on est KO, et l’alcool fond dans nos veines pour détendre nos muscles un par un. Un vrai remède contre la fatigue.
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p1040919.JPG On reprend la route le lendemain pour 17 nouveaux km de pistes. Le chauffeur coupe le moteur sur un terre-plein aride et le guide de l’ANGAP nous montre les tsingys au loin. De premier abord c’est plutôt décevant. Une masse noire à hauteur d’arbres, perdue dans la végétation broussailleuse. Plus on avance et plus on prend conscience de la singularité du lieu. De grands pics de roche sombre s’élèvent dans la forêt et forment des grottes, des nefs, des statues, des totems. On monte, descend, traverse, surplombe cette étonnante cathédrale naturelle. Sur la roche, des fossiles de coraux attestent que les tsingys auraient été formées au fond de l’océan avant de paraître au grand jour grâce au mouvement des plaques tectoniques.
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p1040775.JPG Dans la forêt attenante, on croise la liane amoureuse en train d’embrasser l’arbre qui lui sert de support. La coutume veut que lors des mariages, on fasse boire aux futurs époux une préparation obtenue à base de poudre d’écorce de la liane et de l’arbre embrassé.
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On rencontre également des animaux aux noms à coucher dehors : des fulvus rufus diurnes (lémuriens de jour), un petit duc (hibou de nuit), un nicosia (caméléon gris), un lateralis (le même en vert) et une mangouste affamée et pas farouche. Autres curiosité : un baobab pachipodium, et un ficus étrangleur, qui se nourrit de l’arbre qu’il entoure, et étouffe peu à peu jusqu’à prendre sa place. Glups, c’est pas une forêt, c’est la jungle !
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p1050013.JPGOn part à la première heure le lendemain pour rentrer sur Morondave, et voir le coucher de soleil sur l’allée des baobabs. La voiture fait des bruits de plus en plus inquiétants, mais il ne vaut mieux pas compter sur Lolo-le-chauffeur pour la réparer. Au volant de ce tas de ferraille, Lolo se arsouille au rhum local, produit hautement inflammable sûrement obtenu en mélangeant de l’essence à du vinaigre. On arrive pourtant, par je ne sais quelle magie, à bon port et le pick up s’arrête au milieu des baobabs centenaires. Ce sont ici des baobabs bouteille qui doivent leur nom à leur forme oblongue bien particulière. Le soleil commence à prendre des teintes chaudes quand un bus mitsubishi vient se garer entre les baobabs. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, des dizaines de japonais sortent et s’alignent devant les arbres. Sur un rythme aussi rapide que parfaitement minuté, la première rangée prend en photo la deuxième, puis changement de place, la deuxième photographie la première. Hop le groupe s’éparpille, prend quelques clichés à droite à gauche, en haut, et remonte dans le bus.

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Ils sont partis.
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On reste ébahis par cette scène d’une efficacité et d’une rapidité déconcertante. Valérie, les Allemands, les autres Français qui sont autour de nous : personne n’a jamais vu un japonais à Madagascar. D’après Coco, ils viennent ici en avion, visitent les baobabs puis font un tour en pirogue sur la rivière, et repartent comme ils sont venus. Epatant.
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Le lendemain, en prenant notre petit-déjeuner le long de la rivière, on voit en effet passer comme une apparition ces mêmes japonais alignés sur les pirogues. L’effet d’un flash : on a à peine le temps de noter leur présence qu’ils e sont déjà vaporisé

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