Bons plans à Madagascar
“Madagascar ça ne se visite pas, ça se découvre” Rien de plus vrai ! Pour voyage à Madagascar en solo sans passer par une agence, mieux vaut se préparer un minimum. Le pays est immense, et difficile à parcourir.
On est arrivés un peu les mains dans les poches, pensant que ce serait un pays facile. On entend souvent parler des plages idylliques, des gens parlait Français, de la vanille et des crevettes. On aurait du se méfier des clichés et des idées préconçues : Madagascar est un pays très pauvre, où le réseau routier est simplement catastrophique. Mieux vaut donc savoir en amont à peu près où on veut aller pour éviter les détours. Et prendre en compte que le taxi-brousse, bus local qui relie les villes entre elles, roule à 50 kmh en moyenne sur les routes goudronnées (rares) et à 20 kmh sur la piste. On peut espérer faire un petit peu mieux en 4×4, mais guère plus.
Autant dire que nous n’avons, en un mois, aperçu qu’une infime partie du pays, et qu’il serait courageux de vouloir en voir plus sans s’aider de l’avion. Les lignes intérieures sont chères (100 euros en moyenne par vol), car Air Madagascar est en situation de monopole. Les appareils sont vieillots, partent rarement à l’heure et la compagnie est une pro du surbooking. Ceci dit, ceux qui sont arrivés à Madagascar par Air Madagascar peuvent bénéficier d’une réduction de 40 % sur le prix brut du billet. Bon à savoir !
Autre point pratique, ceux qui doivent être joignables pendant leur séjour doivent savoir que ce ne sera pas facile. Sorti des grandes villes, il n’y a aucun réseau. Orange et Celtel se partagent pour l’instant le marché, mais Orange semble avoir une couverture un peu meilleure. Quelques villages ont des cabines de téléphone, mais là aussi ça reste assez rare. Bien sûr, Internet est aussi quasiment introuvable en dehors des grandes villes, et le débit n’est correct qu’à Tana, avec des coupures régulières.
Question budget, Madagascar est loin d’être une destination bon marché. Il est difficile de manger ici sur les marchés, ou de dormir dans les auberges locales, à moins d’avoir l’estomac plus qu’accroché et pas d’autres possibilités pour dormir. L’hygiène est un problème à Madagascar. Mieux vaut donc compter en moyenne sur 60 euros par jour pour deux personnes.
Au niveau des maladies, il n’y pas de risque de palud sur les hauts plateaux, grâce à l’altitude. En revanche, mieux vaut être vigilant sur la côte. Cependant, tous les hôtels sont équipés en moustiquaires.
Ceci dit, Tananarive (ou Antananarivo, ou Tana) mérite qu’on y passe quelques jours. Pas trop quand même : la ville est très polluée, peut-être encore plus irrespirable que Paris. En revanche, le charme désuet des vieilles 4L et la topographie vallonnée de la ville en font un endroit dépaysant, singulier. Surtout, on y trouve une gastronomie inattendue : foie gras a la vanille, rhums arrangés, steaks de zébu… Une super adresse : le Kudéta sur la ville haute (tel +261 20 22 281 54), ou moins cher, avec un buffet idéal pour déjeuner, le Saka Manga (tel +261 20 22 358 09, ou www.sakamanga.com).
Pour ramener des souvenirs, Bioaroma, toujours sur la ville haute est le paradis des filles : savons, huiles essentielles (une spécialité incontournable de Madagascar. On y a retrouve de nombreuses huiles que le laboratoire Pranarom, un de nos sponsors qui nous avait aidé à préparer notre voyage, nous avait conseillées), crèmes naturelles en tout genre. Autant dire que Nat a eu beaucoup de mal a me sortir de là. D’autant qu’ils proposent également des massages. Pas idiot de réserver avant de partir, pour se faire masser dès son arrivée ! (tel +261 20 22 326 30 ou bioaroma@simicro.org). Sinon, le marche Pochard en centre ville (pas loin de la gare) est nettement moins cher que les magasins de souvenir qui ont pignon sur rue.
Pour se rendre à Antsirabe au sud, rien de mieux que le taxi-brousse. Le 4×4 est sûrement plus confortable, mais ce serait dommage de ne pas faire au moins un trajet dans ces minibus colorés. Authentiques ! A Antsirabe, ne pas hésiter non plus a prendre les pousse-pousse (posy-posy). Pour éviter de se faire harceler, mieux vaut en choisir un, et faire tous ses trajets avec lui. Sinon, c’est la cohue à chaque fois. Une fois, alors qu’on sortait de l’hôtel ils se sont tous rués sur nous en courrant. J’ai eu tellement peur que j’ai poussé un cri ! Une bonne auberge à Antsirabe, la villa Salemako (tel 44 495 88). Les chambres du haut sont très grandes, bien qu’un peu bruyantes. Mais la demeure est magnifique. Et une adresse incontournable pour dîner : le Venise (tel 033 11 411 61 ou 033 44 938 70) ! Les nuits sont très froides à Antsirabe, donc réserver à côte de l’âtre, c’est la meilleure place. Et leur tournedos rossini est généreux et délicieux.
D’Antsirabe, il faut compter près de 6h pour descendre sur Fianarantsoa. Cette ville à beaucoup moins de charme, et est aussi très polluée. La ville haute conserve une cathédrale et les ruines d’un village, maisl a ville basse est sans intérêt. Pour dormir, le Tsara guest-house est un attrape couillon, cher et prétentieux. Bien plus sympa et convivial, l’Ancre d’Or (tél 75 508 15) fait hôtel et resto. Sans hésiter !
De Fiana, on peut prendre le train pour Manakara, parait-il génial. Il y a trois allers-retours par semaine et un jour off. Mieux vaut prévoir un minimum pour éviter de se retrouver à devoir attendre trois jours. C’est ce qu’il nous est arrivé, et du coup on a laissé tomber. Dommage !
Ceci dit, de Fiana on peut aussi aller au parc de Ranomafana, voir des lémuriens trop mignons et se baigner dans l’eau chaude et douteuse de la station thermale. Construits à l’époque coloniale, les bains sont toujours utilisés aujourd’hui mais auraient besoin d’un petit rafraîchissement. La journée tout compris (trajet aller retour depuis Fiana, parc de Ranomafana, accès à la piscine d’eau chaude) coûte aux alentours de 80 dollars. Les agences qui ont pignon sur rue pratiquent des tarifs prohibitifs, mais on peut trouver de meilleurs deals dans la rue. À condition de tomber sur quelqu’un de confiance.
Toujours de Fiana, on peut continuer la RN7 jusqu’a Tuléar. On s’est organisés comme des manches et on a finit par rebrousser chemin pour retourner à Antsirabe. Donc sur ce trajet-là, on n’en sait pas plus.
D’Antsirabe, on a trouvé un guide dans la rue pour faire un voyage de 7 jours et 6 nuits le long de la rivière Tsiribihina et sur les Tsingys. L’excursion nous a coûté 220 dollars par personne, hébergement en hôtel ou sous la tente compris, ainsi que les pique-niques et l’eau pendant la descente en pirogue. Seuls les extras et quelques repas au restaurant étaient à notre charge. Certaines personnes s’étaient arrangées pour rester plus longtemps sur les tsingys, mais après coup une journée complète sur place suffit.
L’excursion se termine après un tour sur l’allée des baobabs, et nous dépose à Morondave.
Morondave est une petite ville agréable sur le bord de mer, mais très mal desservie. De là, il n y a pas 36 solutions : rentrer sur Tana - dans ce cas mieux vaut prévoir un avion car le trajet est long et dur en taxi brousse, descendre sur Tuléar en pirogue à voile ou en 4×4 (la pirogue est moins fiables, car elle ne peut prendre la mer que par certains vents. Mais c est bien plus agréable que le 4×4 !), ou aller se poser a Bélo Sur Mer…
Un petit coin de paradis qui vaut le détour ! Pour y aller, se renseigner auprès du snack situé sur la rue de la plage. La gérante a une maison à Bélo et connaît très bien les marins. Il faut compter au moins 6 heures de pirogue à voile, et la course coûte 50 dollars l’aller pour deux personnes, même chose au retour. Si le vent n’est pas bon, il existe aussi des pirogues à moteur (une peu plus rapides) ou le 4×4 (4 heures de piste). Entre la lagune et les mangroves, Bélo sur mer est un reculé, très peu visité, qui mérite qu’on s’y repose quelques jours. À éviter cependant : l’Ecolodge, qui n’a rien d’écolo mais surfe sans remords sur la vague verte. En revanche, le Dauphin est très bien et le personnel hyper sympa. Si vous souhaitez être seuls au monde c est possible dans un lodge au nom imprononçable situé directement sur l’océan. Dans ce cas, traversez le bras de mer devant Bélo et rejoignez l’Océan, vous ne pourrez pas le louper. Enfin, incontournable, Chez Lova est un restaurant traditionnel absolument délicieux. On peut commander un plateau de fruits de mer la veille pour le lendemain. Super frais, hyper copieux et particulièrement bon (00261 32 401 92 49 ou restolovabelo@yahoo.fr, et depuis la France 032 52 736 08, 06 37 77 83 94 ou jean-pierre.ritter@wanadoo.fr).
Et pour finir, si c’est possible évitez le mois d’août, période très touristique. Les prix sont décuplés, les rapports avec les malgaches plus difficiles, et partir si loin pour retrouver l’ambiance des français en vacances, c’est un peu dommage !