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Samedi 31 mars 2007 Précédent

Caméra embarquée (Nairobi)

Samedi matin, direction le poste de police central de Nairobi.

La cause : on s’est fait voler notre sac de matériel hier soir lors d’un concert. On a beau être vigilant, Nairobi a tenu toutes ses promesses : « Nairobery is real !». L’affaire s’est réglée en une fraction de seconde. C’est frustrant, rageant. On est bloqués à Nairobi pour quelques jours. J’arrive au poste de police : beaucoup de monde, la queue partout, des gens qui attendent dans tous les sens. Je m’assoie mais je me rend compte que je suis au milieu des détenus. Personne ne me dit rien, c’est le bordel !

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Je trouve enfin le bureau des déclarations de vol, j’explique mon histoire à un policier qui écoute en même temps d’autres récits. Je crois le regard d’une autre muzungou (blanche) dépitée. On me demande de remplir un document que je suis censé trouver au service « cantine ». Le service « cantine » n’est autre que le réfectoire du poste, avec au fond de la salle un type et une photocopieuse. Pour trois shillings, j’ai le droit de récupérer mon document rose.

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Je retourne dans le bureau du précédent policier pour lui rendre ma déclaration dûment remplie, lorsqu’un autre policier qui avait écouté la conversation annonce que mon affaire est désormais sous sa responsabilité.
Je dois le suivre dans un autre poste de police. Nous marchons. Longtemps. Je lui demande :
« c’est encore loin ?
- À peu près 4 km.
- ?? On peut y aller en bus ?
- Oui, pas de soucis »
On attend donc le bus, côte à côte. Mais le bus n’arrive pas, et au bout de 20 minutes je lui propose qu’on prenne un taxi. Dans le taxi, le policier parle au chauffeur comme à un enfant, en martelant ses propos avec son bâton, pour qu’il ne fasse pas payer trop cher la course au muzungou !

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photo-carnet-310307-1.jpgAu final, j’arrive dans un grand bâtiment. La toute nouvelle Tourist Police Station, dans une grande caserne désuète où l’on entend les mouches voler. Je rencontre le chef, le sous-chef, et mon compagnon continue de me servir de chaperon. Nous travaillons dans une belle collaboration avec mes trois nouveaux amis pour tenter d’établir un véritable rapport de police. L’originalité des noms français les fait marrer, l’adresse leur paraît incompréhensible, et ils s’y reprennent à trois fois pour écrire le document sur papier carbone. Je finis par remplir ma déclaration tout seul, c’est plus simple.

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Prenons ce moment avec philosophie, l’assurance marche et ces soucis qui font intégralement partie du voyage sont aussi un bon moyen de découvrir les fascinants fonctionnements de la vie locale. (J’ai quand même grave les boules)

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Carnet de voyage, Kenya, le 31 mars 2007.

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