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Mercredi 23 avril 2008 Précédent

Sur l’île de Kyushu

Ce matin, on se réveille au rythme d’une musique qui semble venir de la rue, ponctuée par d’énormes hurlements qui semblent, eux, venir droit des abdominaux.

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On se plonge rapido dans la baignoire commune (Nat chez les hommes et moi chez les femmes), et on part à la recherche de la source des ces sons étranges. C’est une école de danse qui présente en public, en pleine rue, ses dernières chorégraphies. Certaines semblent très proches des arts martiaux, avec des mouvements précis et francs, d’autres sont plus douces, zens, ou plus modernes. Voir 20 danseurs en kimonos bleus danser en pleine rue sur de la musique techno, on se demande si on est bien réveillés !

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De l’autre côté du China Town se trouvent les différents temples de la ville. Eux aussi ont été construits par les chinois, après que le gouvernement japonais ait interdit toute religion chrétienne. Les marchands chinois, en construisant des temples et en amenant le Zen au Japon, voulaient prouver qu’ils étaient bien bouddhistes afin de continuer leur négoce. Dans un temple en bois, à la toiture arquée, on fait connaissance avec un moine qui parle un peu anglais. Il nous raconte qu’avant d’entrer en religion, il avait un boulot harassant et avait du mal à joindre les deux bouts. Le Zen lui a permis de retrouver un sens à sa vie : comme ses collègues, il vit des offrandes des fidèles et son job se limite à passer le balai et prier quelques fois par jour. Pas bête l’animal !

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Il pleuvote, on s’arrête déjeuner. On trouve cette fois un bar à manga, où les gens viennent boire un coup ou casser la croûte le nez dans les BD. Toutes les générations sont absorbées dans leur lecture. Dommage que malgré les dessins, on n’y comprenne rien ! Il pleut toujours. Les rues commerçantes sont protégées par des arcades, alors on passe le temps en flânant dans les magasins. Des fringues superbes, de l’électronique à perte de vue et des appareils bizarres, comme ce cheval d’intérieur : une selle qui bouge toute seule. Why not !

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Finalement, on décide de braver la pluie pour monter sur les hauteurs de la ville. Un couple passe à côté de nous, chacun sous son parapluie. L’homme se retourne, et voyant que nous sommes têtes nues, nous offre le sien. On n’en revient pas ! On pense à l’Auvergnat de Brassens et lui souhaite à lui aussi, le ciel éternel.
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On prend un bus pour Kumamoto, un bled du centre de l’île de Kyushu, célèbre pour son château. (Une blague de notre ami Geoffrey : Monsieur et Madame Kumamoto ont un fils ? Jumbo) Un petit point sur la carte, on s’attendait à un village… C’est une ville grande comme Paris ! On trouve notre auberge, aveuglés par la lumière blanche du printemps japonais. On comprend mieux la pâleur des peintures et des estampes traditionnelles. La montagne, le château, se dessinent en couleurs pastel, par cette sorte de fondu dégradé emblématique de l’imagerie japonaise. Alors qu’on redescend de ce château 17e, un homme nous propose de nous prendre en photo. Malgré son réflex en bandoulière et le numérique qu’il tient à la main, c’est un cliché polaroïd qu’il nous offre. On a l’impression d’être projetés dans les années 30, et de regarder ce moment avec émotion et nostalgie. Un vrai cadeau !
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Avant de partir pour les volcans d’Aso, on descend prendre le petit déjeuner traditionnel servi dans le ryokan. Du saumon cuit, de la salade, une omelette, des légumes et quelques aliments bizarres, comme ce gâteau qui ressemble à un flan, mais doit être plutôt du fromage parce que c’est salé. Dur d’avaler ça au réveil, mais quand on y pense… Il n’y a quasiment que les Français pour manger sucré le matin.

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Il fait vraiment gris aujourd’hui et le crachin nous empêche de voir à 10 mètres. On traverse donc des villes et des campagnes brumeuses pour arriver sur le sommet d’Aso, aux pieds d’un téléphérique qui mène au sommet. C’est surtout une station touristique, avec magasins de souvenirs made in china et grand restaurant industriel. Derrière la dame qui vend les tickets du téléphérique, un écriteau est traduit en anglais : « the cable car is working, but the weather is bad. So, you can not see the view ».

Pourtant, une queue de près de 20 mètres attend le prochain départ !

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