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Dimanche 20 avril 2008 Précédent

Ronde de nuit

Sur les courtes et moyennes distances, à condition d’avoir un peu de temps, le bus est nettement plus avantageux que le train. On part donc à Nagasaki avec le bus de 11h47 qui part à… 11h47 ! Pauvres latin, alors qu’on discutait devant la porte du bus nos billets à la main avec un Japonais anglophone, le bus allait partir sans nous… et sans scrupules !

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On trouve un ryokan plus simple que celui de Fukuoka. On appelle, on réserve, on trouve la rue et on cherche. Jusqu’à ce que quelqu’un nous montre une devanture : ce n’est écrit qu’en Japonais ! On n’était pas prêts de trouver. Nagasaki est moins haute, et davantage tournée vers la mer que Fukuoka. On se balade dans les rues pour prendre le pouls de cette ville, que l’on connaît uniquement par nos livres d’histoire. Un canal nous emmène sur une île artificielle, construite au XVIIe siècle pour contenir les marchands catholiques portugais et éviter qu’ils ne disséminent leur religion au Japon. Finalement, le Japon a préféré les expulser du pays, et c’est une entreprise hollandaise qui a utilisé cette île pour faire du commerce avec l’Europe. Après deux ans de négoce, les Japonais ont souhaité récupérer l’île définitivement, pour y mettre quatre grandes tours d’habitation. Ouf, le projet a été arrêté : le site, qui représente un des très rares points de contact du Japon avec le monde à cette époque, et qui explique la présence de l’Eglise dans le sud du pays, est aujourd’hui classé monument historique.

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Nous sommes arrivés à Nagasaki dans l’après-midi, et la nuit a fini par tomber. Nat, qui a du mal avec le concept local qui consiste à ne surtout pas manger jusqu’à satiété, est désespéré devant les snacks : un sachet de 5 copeaux de pomme séchée, huit noix de cajou… Il finit par trouver un mini brownies au chocolat et un kit kat, dont la taille comme le packaging a été adapté au pays : il n’y a pas quatre grandes barres, mais huit petites, d’à peine trois centimètres de long, présentées en sachets individuels. Pas écolos, les Japonais. Pas écolos du tout, même…

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Ici comme ailleurs au Japon, les échoppes feutrées laissent la place aux mille néons de couleur. On s’enfonce dans des ruelles de plus en plus petites. D’abord, on prend l’apéro dans le bar d’une femme seule, occupée à regarder le base-ball à la télé. C’est un sport très répandu sur l’archipel, avec le golf qui se pratique en centre-ville sous d’immenses filets verts.

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Toujours plus loin dans ces ruelles obscures, on trouve un restau où le cuisinier prépare des brochettes aux quelques hommes assis autour du grill. Les employés de bureau, à voir leur cravate défaite, n’en sont pas à la leur premier shoshu, un alcool de riz servi sur un morceau de glace - mais qui brûle l’œsophage. On engage la conversation à l’aide des mains, des expressions, de nos quelques mots de japonais et d’un guide de conversation. Ce qui nous étonne chaque fois, c’est qu’au final on arrive toujours à communiquer ! Ca nous rappelle ces moments en Afrique où on tissait des liens avec des gens tellement différents de nous, simplement parce que malgré les apparences on est les mêmes. Le cuisinier prépare une à une des brochettes délicieuses. Alors qu’on se rue dessus, on remarque que les gens attendent longtemps avant de les approcher, et les dégustent très lentement. On a beau faire tous les efforts du monde pour freiner notre appétit ; impossible. Heureusement arrive ensuite un okonomiaki, une sorte d’énorme crêpe à base d’œufs, de viande ou de crevettes, de soja, d’herbes et d’autres d’ingrédients dont on ne connaît pas toujours le nom. C’est un peu le plat du pauvre ici. Pour une fois Nat est calé, et c’est hyper bon !

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De nouvelles personnes viennent s’asseoir, encore des mecs, et toujours aussi pleins d’alcool. Sur notre droite, deux hommes ont l’air très copains et n’arrêtent pas de s’envoyer des énormes claques derrière la nuque. On part du restau pliés de rire… quand on se rend compte qu’on ne sait pas du tout où on est. Les gens dans la rue parlent fort et sont sérieusement ivres. Devant nous, un homme met sa femme dans un taxi et lui offre un bouquet de fleurs. Avant même que le taxi n’ait démarré, il s’engouffre dans la porte d’à côté, un bar à filles à l’enseigne rose bonbon. Pas de tabous ! Des couples habillés en habit traditionnel, des hommes toujours en costard, quelques filles en talons et super-mini, drôle de mélange ici ! On demande notre chemin dans une pâtisserie.

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Le pâtissier est content d’apprendre que nous venons de France, et il rigole en bougeant la tête de droite à gauche, tout en trépignant d’un pied sur l’autre. Hi hi hi hi hi…

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