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Lundi 21 avril 2008 Précédent

Nat m’a abandonné !!!

Sans un sou, sans eau, sans téléphone, sans rien d’autre qu’une robe, une paire de chaussure, un slip, dix mots de japonais et mes larmes pour pleurer. Pas sympa, ça ! On s’est pris la tête pour une broutille, une histoire d’adresse pour aller acheter les tickets de bus. D’un geste majestueux, il finit par dire : fait ce que tu veux, moi je vais par là… Et il y va. Pensant que j’allais le suivre ?! Suivre un homme, quel qu’il soit, alors qu’on n’est pas d’accord avec son choix et que la discussion n’a pas pris en compte les deux avis ? Hors de question.

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Hors de question pour lui, aussi, de faire demi-tour. Si on a bien un point commun, c’est qu’on est deux têtes de mules. Je reste donc devant ce carrefour, à regarder les milliers de gens qui traversent, à avaler mes larmes, pendant qu’il va acheter les billets (manifestement il avait raison, passons). Et je comprends ces gens bizarres, qu’on croise parfois à Paris, pendant des heures et des jours à la même place, avec un bouquet de fleur ou une valise, à attendre bêtement quelqu’un qui ne viendra sans doute jamais. À ne pas pouvoir intégrer l’évidence.

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Il me faut une heure pour me mettre en mouvement, repasser à l’hôtel prendre un plan, et partir me balader. Il a la même idée, nos regards se croisent, non je ne rigolerai pas, je récupère tout de même du liquide et la carte bleue mais aujourd’hui, pour la première fois depuis plus d’un an, c’est chacun de son côté.
Au retour on s’engueule un bon coup, on se réconcilie encore plus, et pour se consoler, on va manger quelques sushis. Mais la journée nous a tellement épuisés qu’on a du mal à s’ouvrir au monde, et comme deux goujats on ne parle qu’anglais, sans chercher à faire la conversation.

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Que ça nous serve de leçon : les serveuses ont dû nous prendre pour des Américains, et nous ont servi les sushis de l’avant-veille… On a été malades toute la nuit et on s’est réveillé avec une poussée d’acné ! Petit détail de l’histoire, si jamais on l’avait oublié : à Nagasaki encore plus qu’ailleurs, les japonais ont une haine bien ancrée contre les américains.

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