Le chauffeur en prison
Nous quittons Abdu le lundi à 6h du matin. Nous partons pour Osaïna. La route est superbe, nous remontons la rivière de l’Omo, puis traversons des plaines arides puis les paysages proprets du pays guragué.
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Travailleurs et soignés, les guragués sont considérés comme les businessmen de l’Ethiopie. S’ils ne représentent que 2 % de la population on les voit partout, et on dirait que ce sont eux qui font tourner le pays. Leurs huttes sont ordonnées, bien rondes sous leurs toits en paille, particulièrement bien tenues.
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Nous arrivons à Osaïna en fin d’après-midi. Repos, balade, dodo. Le lendemain matin, dans la nuit étoilée, avant même que le soleil ne soit levé, une foule d’ombres se dirige vers la gare routière. L’imam et le prêtre orthodoxe se renvoient les chants des prières matinales. Dans le bus, nous sympathisons avec un groupe de protestants ; le protestantisme s’implante de plus en plus en Ethiopie.
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Au bout de 50 km, contrôle de police ; il semble y avoir un problème, le bus est trop chargé. Le chauffeur et son adjoint s’agitent et s’énervent. Mais ce comportement n’est pas du tout du goût du policier, qui affine un peu plus son contrôle. Il s’avère que le conducteur a fait payer le ticket trop cher à tout le monde. Le bus fait demi-tour et se rend directement vers la case « prison » du village. On a donc attendu devant la prison (une petite maison en terre dans un village) puisqu’on avait plus de chauffeur. Là une espèce de cour s’est mise en place où chaque personne du bus jouait un rôle particulier. Il parlaient tous les uns après les autres, on ne comprenait pas tout. Mais des fois tout le monde disait ao ao (ça veut dire oui) et montait dans le bus. Puis un autre parlait, et tout le monde disait encore ao ao et redescendait du bus. Puis tout le monde remontait, puis tout le monde redescendait. Au bout de trois heures ils ont appelé un autre chauffeur, mais il n’avait pas de permis de conduire. Donc on a du en attendre un autre, et là on a pu enfin partir !
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Au final, le chauffeur, hors d’état de contrôle, restera en cabane. Son adjoint, plus malin semble-t-il, sera relâché. En France, l’adjoint du chauffeur aurait été pris à parti, traité, bousculé. Ici, il continue à faire son travail dans le bus, comme si de rien n’était. Et nous avons perdu 3h sur le trajet. Mais seuls Gaëlle et moi faisons attention à cette donnée futile.
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Finalement, nous arrivons le soir à Wondo Genet, où nous profitons avec délectation des sources d’eau chaude.
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Arrivés mercredi soir à Addis, nous retrouvons nos amis et Allem tout juste débarquée de Paris. Nous sommes épuisés, heureux. Au passage, nous héritons d’un rhume carabiné dû au changement de temps. Malesh.