La descente du Chimborazo
Perché à plus de 6000 mètres d’altitude, le Chimborazo est la montagne la plus haute d’Equateur.
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Le bus nous arrête sur le bord de la Panaméricaine, près d’une ancienne voie de chemin de fer. On marche à travers champs dans la pluie, le brouillard et le froid. Le temps s’éclaircit pour laisser apparaître une dame, assise dans son champ d’herbe grasse et verte sous les pis gonflés d’une vache. On s’arrête tout émus devant cette scène si simple et pour nous si rare. Des images d’enfance, des goûts oubliés nous reviennent en mémoire. On ne voit pas ça tous les jours à Paris !
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On continue notre chemin, nostalgiques, pour atteindre une station de train désaffectée. Une dame vient nous ouvrir. Elle est minuscule et porte l’habit traditionnel des communautés du Chimborazo : un petit chapeau charleston sur une jupe de laine bouillie droite, et jetée sur les épaules une couverture fermée sur le devant par une épingle à nourrice.
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On est tous seuls dans l’auberge. Il fait un froid saisissant, à tel point qu’on ne quitte le poêle que pour s’enfoncer sous plusieurs couches de couvertures. On se réveille avec l’idée d’aller monter le Chimborazo. On retourne sur la panaméricaine pour reprendre le bus jusqu’à Riobamba. Aujourd’hui c’est le jour des élections. Le vote est obligatoire en Equateur. Le bus est plein à craquer de villageois qui descendent a la ville pour remplir leur devoir citoyen. Chacun va devoir désigner des listes pour l’Assemblée, mais il y a plus de trente listes qui se présentent ! Les gens semblent complètement perdus, sans compter ceux des campagnes qui ne savent pas toujours bien lire. Conscients du problème, et peut-être décidés à en profiter, la plupart des partis arrosent depuis plusieurs semaines les équatoriens de petits cadeaux pour essayer de récupérer des voix : t-shirt, drapeau etc. On va voir si ça marche !
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On monte en voiture jusqu’au premier refuge du Chimborazo, à 4800 mètres. De là on marche jusqu’au deuxième refuge, qui culmine à plus de 5000 mètres. Sous nos pieds, rien ne pousse. Seules quelques fleurs minuscules arrivent à se faire une place entre les roches volcaniques et l’air rare. Un chemin difficilement marqué dans la roche suit un ruisseau qui s’écoule de la calotte de glace. Le trajet a l’air simple et court. Pourtant, d’après notre guide, il faut une demi-heure à une heure et quart pour monter d’un refuge à l’autre ! A vue d’œil, ça paraît pourtant si près.
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On commence la montée lorsqu’on tombe nez à nez avec des tombes. Rares sont les personnes qui arrivent à grimper au sommet. La neige, mais surtout le climat changeant rendent l’ascension difficile. Beaucoup d’alpiniste, principalement des Français d’ailleurs, ont fini leur vie sur cette montagne. Glauque.
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On avance doucement à cause de l’altitude. Mais finalement, un pas chassant l’autre, on atteint le deuxième sommet. 47 minutes, c’est le kilomètre le plus long de notre vie ! Au refuge, le garde de haute montagne nous colle un petit timbre sur nos passeports, pour preuve de notre exploit.
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Après un maté de coca bien chaud, on redescend pour récupérer deux vélos. Mais c’est à ce moment que des nuages, jusque-là posés dans la vallée, remontent et se collent à la montagne. On descend comme on peut sur nos petites reines, face a la pente, sans aucune visibilité. Sous les roues, la terre devint boueuse. Ça donne l’impression étrange de rouler sur de la neige. Nat fonce avec le guide alors que je galère derrière, les bras tétanisés sur les freins. On met deux bonnes heures à descendre toute la montagne pour rejoindre la ville de Riobamba. Heureusement on finit par sortir un peu des nuages, pour entrevoir un paysage est un peu plus vert, mais toujours très sec. Je les crois, les gens qui voyagent à vélo et nous disent que le plus dur dans les Andes, c’est la descente !
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Pour les élections, le président reçoit 70% des suffrages en sa faveur. On peut espérer qu’un président restera en place plus de deux ans dans ce pays.