Ça monte dur ! (Lagune de Quilotoa)
On prend la route pour Latacunga. De là, on monte dans un bus qui nous emmène jusqu’au village de Zumbahua. En s’asseyant dans le bus provincial on est tout de suite surpris : ça sent l’animal ici !
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On regarde autour de nous. Les Indiens portent ces magnifiques chapeaux de feutre, décorés d’une plume de paon. Les femmes ont des collants sous leurs jupes mi-mollets, alors que les hommes sont couverts de ponchos en laine de lama. Tous sont paysans, bergers ou éleveurs, d’où cette odeur tenace accrochée à leurs vêtements.
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La route se fraie un chemin entre les montagnes et grimpe toujours plus haut. Chaque fois qu’une personne monte ou descend tout le bus salue et plaisante. On se demande qui peut vivre dans ces montagnes désertiques. Seuls quelques lamas paissent l’herbe rase, asphyxiée. J’ai mal à la tête. Je me demande quand cette ascension va bien pouvoir se terminée, mais après chaque sommet apparaît un nouveau pic, encore plus haut. Le contrôleur distribue des sacs plastiques. Entre les virages et l’odeur, ça commence à tourner au vinaigre, là-dedans !
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Heureusement on descend un peu pour arriver a Zumbahua. Il fait un froid vif et humide. On pose nos affaires dans un petit hôtel sur une immense place vide, qui semble s’animer seulement les jours de marché. De temps à autre, un chien, deux femmes en conversation, un homme poussant une brouette traversent la place. Puis à nouveau le vide. Il est sept heures, la nuit vient de tomber. On part vite dîner dans un petit restaurant local avant qu’il ne ferme. Sur une table couverte d’une toile cirée douteuse, la mère coud en surveillant les devoirs de sa fille. À côté, la grand-mère prépare le dîner traditionnel : une soupe, suivie d’un poulet avec du riz. Le mari est parti travailler en Espagne et ramène régulièrement des étoffes de là-bas, des bricoles qu’elle peuvent vendre. On demande à la mère si la distance n’est pas trop dure, mais elle sourit. Au contraire, elle a les avantages du mariage sans en subir le quotidien. Il semble que les hommes équatoriens soient très machistes, et les femmes souffrent d’être relayées au second plan. Pourtant avec le départ de millions d’équatoriens partis chercher du travail à l’étranger, les femmes sont bien forcées de tenir la boutique et s’en sortent finalement très bien. Ça va leur faire drôle à ces mâles quand ils choisiront de rentrer définitivement !
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On se chauffe quelques minutes près du poêle avant de s’endormir. A peine réveillés, Carlos nous attend dans sa camionnette pour nous emmener à la lagune de Quilotoa. On suit les conseils de Christian, et on pose nos affaires a la première auberge sur la gauche en arrivant. En effet, les gens sont adorables et les chambres chauffées au poêle. On emporte des sandwiches et de l’eau, et on part faire le tour de la lagune. Comme à Cuicocha, l’endroit est merveilleux, et l’eau a rempli le lit d’un ancien volcan.
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On passe la journée seuls dans ce paysage lunaire. Seuls ? Non une adorable chienne errante fait le trajet avec nous et s’avère d’une patience et d’une efficacité redoutable. Elle nous montre le chemin, nous attend quand on est fatigués et partage avec grand plaisir notre déjeuner. On l’appelle “princesse” : ses yeux verrons lui donne une élégance décalée, joliment distante. On l’aime tellement qu’on se demande si on ne va pas partir avec elle.
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En marchant autour de la lagune, on entend une grosse déflagration. On s’arrête de marcher, on regarde derrière nous. A seulement quelques mètres, un pan du chemin que nous empruntons vient de tomber dans la lagune. On continue, toujours à flanc de coteaux, mais on fait sérieusement attention où on met les pieds. On suit le cercle parfait de la lagune pendant près de six heures.
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Princesse nous suit toute la soirée et passe la nuit devant notre chambre, elle n’est plus là au moment de partir. Snif !