To see or not to see
Franchement, on n’est pas des râleurs… mais il y a parfois des attitudes qui nous font bondir ! Ou rebondir : c’est décidé, on continue le voyage différemment.
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La Patagonie se visite selon un chemin bien tracé ; Difficile parfois d’éviter la foule sans éviter certains lieux qu’on a réellement envie de voir. D’El Calafate et ses glaciers, on prend un bus pour Puerto Natales au Chili, le point d’entrée du Torres del Paine, une des montagnes les plus connues d’Amérique du Sud.
Il est 18h quand on embarque. Le sud de l’Argentine et du Chili sont peu peuplés. La plupart des voyageurs sont donc comme nous des touristes étrangers, plus ou mois de notre tranche d’âge. Chacun s’installe… et tout le monde ferme son rideau. Le notre reste ouvert, on regarde par la fenêtre, mais la jeune fille devant nous demande de le fermer ; le soleil le gène. Je m’excuse auprès d’elle : que c’est la première fois que nous venons dans cette région, et comme nous ne reviendrons sûrement pas de sitôt, nous voulons profiter du paysage. Mais on peut changer de place si elle veut. Elle est furieuse, on est perplexes.
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En arrivant à Puerto Natales, on décide de ne pas aller au Torres del Paine (on y retournera faire le trek de 8 jours… un autre jour), point « incontournable » selon le Lonely Planet. Pas envie de faire la queue dans les sentiers de montagne, pas envie de croiser les mêmes gens que dans le bus. Il semble que seuls les Highlights du LP valent la peine d’être visités et appréciés. Mais la route El Calafate –Punta Natales ne doit faire l’objet d’aucun paragraphe spécifique. Pourtant la pampa argentine, avec ses buissons vert-sombres, ses champs interminables délimités par des barrières de bois et les ciels brûlants de l’été austral, ont un charme fou à nos yeux. On croise des Guanacos (des cousins des lamas), des autruches et des lièvres, et de superbes chevaux sauvages.
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Du coup, de Puerto Natales, on reprend notre idée de descendre en stop et d’éviter les longs trajets en bus. Après une bonne heure d’attente sur les hauteurs de cette bourgade chilienne de bord de mer, un gars nous dépose quelques kilomètres plus loin. Un saut de puce stratégique, qui nous permet de rencontrer en quelques minutes Fernando, un mec qui travaille dans le saumon et descend sur Punta Arenas. Le saumon est une véritable industrie ici, avec les conséquences positives (la baisse du chômage et la dynamique de la région) et négatives (la monoculture entraîne un dérèglement de la chaîne alimentaire dans le bassin, et nuit aux autres espèces) que cela entraîne. Adorable, il nous aide à trouver une pension et vient nous chercher trois heures plus tard pour faire du shopping dans la zone franche. Comme l’Argentine, le Chili cherche à attirer ses habitants dans les coins les plus reculés, pour protéger ses frontières avec le Pérou et la Bolivie au nord, et l’Argentine à l’est et au sud. Ici le transport des marchandises rend le coup de la vie beaucoup plus cher ; les zones franches, détaxées, permettent de compenser ce manque-à-gagner et de dynamiser l’activité locale.
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On cherche une tente pour la suite de notre voyage. Mais déception : la zone franche profite avant tout aux exportateurs chinois, et on peine à trouver du matériel de bonne qualité. Tant pis : on accompagne Fernando à son hôtel et on partage avec lui une soirée dans sa vie de voyageur solitaire.