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Lundi 28 janvier 2008 Précédent

Sur le glacier

Après cette traversée magique, loin de tout et hors du temps, l’arrivée à El Chalten nous rappellent ce que les mots « société » et « civilisation » veulent dire. C’est une ville nouvelle, créée en 1985 devant l’affluence d’alpinistes et de marcheurs attirés par la beauté et la difficulté du Fitz Roy.
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p1130442.JPG On avait entendu parler d’une balade sur le glacier. On part donc pour la Laguna Torre (3 heures de marche). De là, on franchit la rivière par une tyrolienne et on continue la marche sur des cailloux, pour contourner la cascade et atteindre le glacier. On chausse nos crampons. Des lames acérées sous les pieds, une allure de Goliath (il faut marcher les jambes écartées et enfoncer fortement les crampons dans la glace !) et on avance sur la moraine d’abord, une partie du glacier recouverte de terre charriée par la pluie et par les vents. Puis nous voilà sur la glace immaculée, blanche, et bleue surtout. Nous sommes au mois de janvier, en pleine fonte des glaces. C‘est étonnant de voir toutes ces rivières, ces petits cours d’eau qui glissent sur le glacier. De petites flaques d’un bleu piscine, des moulins dans lesquels l’eau s’engouffre en spirale, des rivières qui chuchotent. La fonte des glaces s’entend autant qu’elle se voit.
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p1130558.JPG Soudain un énorme craquement retentit. On reste de glace, livides, quand le guide nous explique que le glacier se fissure, mais d’un centimètre en moyenne ! Pas question de tomber dans un ravin, ça c’est seulement à Hollywood.
On monte une paroi à l’aide de nos crampons et de piolets. Respect à tous les alpinistes : c’est hyper dur ! Les piolets font en moyenne 2kg chacun, et sont aussi durs à planter à bout de bras qu’à retirer de la glace. On rentre par le même chemin, et c’est en rampant qu’on atteint notre dortoir d’El Chalten. 12 heures de marche au pas de course, épuisant !
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p1130532.JPG On avait misé sur le stop pour partir d’El Chalten, mais quitter un cul-de-sac à trois un dimanche, c’est relever un défi quasi-impossible. On attrape donc un bus, et nous voilà à El Calafate, un peu plus loin. On rencontre un couple de jeunes français fraîchement mariés, qui seraient d’accord pour partager une voiture avec nous pour aller voir le Perito Moreno, un énorme glacier qui descend du Hielo Sur côté argentin cette fois.
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On arrive en fin de journée sur le glacier, Guillaume et Edith, Valérie, Nat et moi. Première passerelle, c’est magnifique. Il est là, juste à côté de nous, on pourrait presque le toucher !
Deuxième passerelle, c’est pique-nique. Troisième passerelle, on prend des photos en essayant de capturer les blocs de glace qui tombent dans le lac. Quatrième passerelle c’est interdit ! On passe quand même et on arrive aux pieds du glacier. Tant qu’on y est, on saute un muret pour suivre un chemin de terre qui arrive cette fois sous la cathédrale de glace ! Le glacier craque et suinte. Il grogne et il râle. Il vit ; il est bel et bien vivant.
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p1130671.JPG Un énorme bloc de glace s’effondre à quelques mètres de nous. Grosse frayeur ! Tout est gigantesque, blanc et bleu, baigné de soleil. Le monstre devant nous semble vouloir nous foncer dessus, comme une bête énorme. Impossible de quitter des yeux cette masse mouvante, de ne pas être fascinés. On rentre à El Calafate au clair de lune, seuls sur la route rectiligne à éviter les lièvres et les chiens errants, sur un air de Tango ramené de Buenos Aires…

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