Sajama et le Salar d’Uyuni
Aie aie aie, on est coincé dans ce petit village de l’altiplano, à la jonction entre la route principale et la région de Sajama où on veut aller. On a l’impression de se retrouver quelques mois plus tôt, dans un village d’Afrique : « Le bus arrive à 11h, surtout, ne bougez pas ». On veut bien, mais il est midi et demi !!!!
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Finalement, on passe tout l’après-midi assis sur nos sacs, à regarder passer les marchands de glace (il fait froid, mais qu’est-ce qu’ils mangent comme glaces…), les femmes qui partent au marché, les hommes dont certains semblent très ivres. Devant nous, sur la ruelle de terre, éclate une engueulade de couple sortie d’un film : l’homme en veston noir ivre mort harangue sa femme, qui porte une jupe colorée sur des bas de laine, et le chapeau de feutre typique de la région Andine. C’est photogénique et pathétique, et on devine la pauvreté, le manque d’éducation et surtout d’avenir, de ce couple pourtant amoureux.
on parvient finalement à partir à la tombée du jour pour Sajama, à la frontière avec le Chili.
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La route est belle, et le paysage que l’on découvre au matin en quittant notre chambre louée chez l’habitant, absolument exceptionnel. Le village de Sajama est construit en pierre de la couleur du désert d’altitude qui nous entoure. Des volcans, dont le Sajama (le plus haut sommet de bolivie), le Parinacota (le plus beau) et d’autres cratères dont un crache une fine fumée blanche, font cercle autour de l’église et du petit ruisseau. On part marcher dans la steppe, pour trouver un peu plus loin des geysers au milieu de l’herbe rase. La terre respire sous nos pieds : des flaques d’eau bouillante émettent une épaisse fumée blanche, et crache des soupirs juste devant nous. C’est émouvant, mais effrayant !
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On coupe à travers champ pour rejoindre les vasques d’eau chaude, dans l’espoir de piquer une tête. Manque de bol on finit par se perdre, et si on était heureux jusque là d’être seuls au monde, cette fois on regrette de ne pas voir le moindre campesino, à qui on aurait pu demander notre chemin.
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On finit par s’asseoir épuisés pour manger un sandwich dans un étrange village composé de trois petites maisons. Ça sent bizarre, c’est plein de détritus par terre, et surtout, des animaux morts sont cloués sur les murs. Hum ! On imagine les rituels étranges qui doivent avoir lieu dans ce village isolé, à plus de trois heures de marche de la moindre âme qui vive. Les bébés lamas sacrifiés et cloués sur les murs sont depuis longtemps utilisés dans la tradition indigène pour faire fuir les mauvais esprits. Ces croyances sont comme les musiques boliviennes : malgré toute l’énergie que les espagnols ont mis pour les détruire, quelques germes subsistent au fond des campagnes et pourraient permettre à ce peuple de retrouver ses traditions et ses racines.
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Rentrés bredouille, on repart en voiture cette fois jusqu’aux sources d’eau chaude et immergés jusqu’aux épaules dans l’eau bouillante de la rivière, on regarde le soleil tomber sur le Sajama. Magique.
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Repartir de Sajama est au moins aussi compliqué que d’y arriver. Un seul bus part aux aurores, mais manque de bol, lorsqu’on arrive il est déjà complet ! La famille chez qui on loge, et qui savait qu’on voulait partir ce matin, est déjà bien installée au fond du bus. Ils n’étaient déjà pas bien sympas, mais là on est en colère : ils auraient pu nous prévenir qu’il fallait arriver deux heures plus tôt ! Finalement, tout le monde s’énerve, y va de sa petite explication, de sa petite phrase, et on finit par se serrer et tous rentrer dans le bus. Toute cette histoire pour rien, car le chauffeur surcharge dès qu’il peut, pour gagner plus d’argent.
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Sajama, Patacamaya, Oruro, puis de là on attrape un bus de nuit pour Uyuni. Ouf ! - On n’avait juste pas prévu que le bus de nuit allait rouler sur une piste de terre…
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Finalement, après une bonne journée de repos, on part avec une agence pour le salar d’Uyuni et la visite du désert du Sud-Lipez. C’est magnifique, mais on n’a plus l’habitude d’être pris en charge de A à Z. Et malgré la présence très sympa de deux finlandaises et d’un couple néo-zélandais-sud-africain, la beauté des paysages se ternit un peu par l’impression désagréable d’être deux papis omnipotents, incapable de marcher à plus de 100 mètres du 4×4 sans guide, et contraints de faire pipi et de manger à heures fixes. C’est un fait : ce qui ne se découvre pas a moins de saveur.
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