Réconciliation
L’Australie porte les stigmates de toutes les tragédies de ces 200 dernières années. -
D’abord avec la colonisation et la misère dans les campagnes européennes, mais ensuite avec l’apport de nouveaux immigrés après chaque guerre, chaque sécheresse ou chaque dictature.
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On est surpris de voir les jeunes chinois parler entre eux en anglais, de voir des indiennes, éthiopiennes, serbes, coréenne, sortir du bar comme de parfaites aussies. L’immigration est tellement importante, que le maire de Melbourne est d’origine chinoise !
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Nous montons d’un coup d’avion sur Sydney, pour voir le fameux harbour. L’opéra est sans doute un des bâtiments d’architectes les plus beaux que nous ayons jamais vus. Léger et allégorique, il adoucit la ligne des gratte-ciels, et offre un panorama sur le pont. Il reste des places ce soir pour l’auditorium, où un compositeur présente une pièce pour didgeridoo et orchestre. On est curieux d’entendre le mélange de ces instruments si différents, et surtout de voir comment, après l’histoire, ces cultures peuvent s’accorder. Dans la salle année 70, aux sièges roses bonbon et aux parois asymétriques, on assiste à la rencontre de ces deux mondes qui cherchent à s’entendre.
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Si tout sépare encore le didjeridoo de l’orchestre, le son, le rythme, mais aussi les postures des musiciens ou l’énergie qu’ils dégagent, la salle s’est levée dès la dernière note pour applaudir à tout rompre. Derrière la musique, c’est avant tout une réconciliation que les gens sont venus cherchaient, et vivent devant nous.
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Car l’histoire s’est enfin réveillée ces derniers temps. Aux dernières élections de 2007, le travailliste Kevin Rudd a obtenu une large majorité après une campagne fondée sur la promesse de la signature du protocole de Kyoto, et du pardon aux aborigènes pour la politique de « sociabilisation » dont ont été victimes leurs enfants. Tous les gens qu’on a rencontré nous ont parlé avec émotion de cette journée du 28 février dernier. Pour beaucoup, c’était un réel soulagement et un élan formidable vers l’avenir. Ce concert a l’opéra de Sydney a une forte portée symbolique, on ressort joyeux et émus, traversés par l’espoir !
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De Sydney, on vole pour Brisbane à la recherche d’une plage déserte. Là encore il pleut des cordes - décidément on a de la chance avec le temps, mais on sent qu’on a besoin de repos avant de partir pour le Japon. Notre vie est si intense, et nos sens tellement sollicités, qu’on frise l’overdose : il nous faut un break, le temps que les idées retrouvent leur place et nos sens leur disponibilité.
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Mais bon, on ne va pas se plaindre !!
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Ceci dit, on a bien fait de recharger les batteries : avant de partir pour Hong-kong, on s’offre une nuit romantique sur les fauteuils de l’aéroport de Brisbane. Avec les vacances scolaires, tout est booké ou hors de prix. Et le lendemain rebelotte à Hong Kong : seul un cinq étoiles à 298US$ pointe le bout de son nez à la sortie du terminal des arrivées. Cette fois, on partage nos sièges, dans un recoin du Hall des Départs de l’aéroport, avec une poignée de voyageurs chinois (qui crachent et font des gargarismes bizarres au réveil).
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On va être frais pour arriver au Japon !
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