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Lundi 14 janvier 2008 Précédent

Les yeux de CLAUDIA

31 décembre. Impossible de s’écarter du ventilateur pendant plus de dix minutes, il fait une chaleur étouffante ! -

dsc_6010.JPGEntre les pétards et les feux d’artifice, Michel débouche une bouteille de fresney que l’on mélange à du coca. Il fait trop chaud pour boire du vin ; l’objectif numéro un est de se désaltérer. En pleine nuit, peu après minuit, on part avec Claudia et Alejandro vers Paternal, un quartier populaire un peu excentré du centre de Buenos Aires.

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Claudia, yeux bleus clairs, petit short en jean et tongs montantes, photographie les milieux punks, des danseurs classiques, des musiciens, des ombres, des lumières et déteste les endroits « fashion ». Elle danse avec son frère sur la terrasse de cette maison de quartier que se partagent des étudiants et des artistes. Ici comme dans beaucoup de grandes villes, la vie n’est pas facile pour les plus jeunes et ceux qui ne rentrent pas dans le rang ; les loyers sont hors de prix et les gens vivent dans des mouchoirs de poche.

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p1110436.JPG Vue la chaleur, on rentre se coucher quand pointe le soleil au petit matin. On marche en t-shirt et robe d’été dans les rues immenses de cette ville sans fin. La moindre avenue semble plus large qu’une autoroute, et les distances sont démentielles ! On finit le trajet en taxi, à fond les ballons dans les rues désertes. On s’arrête devant l’appartement que Claudia nous a aidé à trouver dans le quartier de Palermo. Des gouttes froides s’abattent sur le trottoir. Non, c’est un leurre, il ne pleut pas ! Ce sont ces milliers d’appareils à air conditionné qui condensent l’air, rafraîchissent les apparts et réchauffent encore un peu plus la ville.

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Des grandes baies vitrées du petit studio, notre regard plonge sur des immeubles de toutes tailles, traversés en ligne droite par une ligne de chemin de fer. Le sifflet du train, le rythme des wagons sur les rails, et cet homme, en bas, qui chante en étendant son linge, percent dans la moiteur de la ville. Il fait chaud. Trèèès chaud. À l’ombre, le thermomètre dépasse les 40°C, avec une humidité voisine de 90%. On respire à peine, et on longe les murs pour aller boire un verre, manger une de ces incroyables viandes (avec l’Uruguay et l’Argentine, nous sommes dans les régions où semble-t-il, les pâturages satisfont grassement le bétail… et nous par conséquent !), que l’on sert dans les parillas. Ce sont des grils de différents morceaux que l’on partage à deux ou trois, mais qui pourraient nourrir un régiment.
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p1110489.JPGAvec Claudia, on fait jour après jour le tour des quartiers principaux, profitant de son double regard de photographe et de porteña. La Boca et ses trois rues touristiques enclavées dans un quartier très pauvre, où la majorité des porteños sont invités à ne pas mettre les pieds. San Telmo et ses antiquaires, son marché couvert et ses ruelles ouvertes sur des cours intérieures. Le microcentro bondé la journée, la recoleta et ses immeubles haussmanniens bien plus grands que ceux de Paris, et surtout El Tigre. Aux portes de la ville, le fleuve se divise en de multiples ramifications. Autant d’endroits pour apprécier le silence après la furie du centre-ville, marcher pieds nus dans l’herbe brûlante, et se poser autour d’une bière bien fraîche.

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Pour apprécier la ville, il faut s’avoir s’en échapper !

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