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Dimanche 6 janvier 2008 Précédent

Le Tango d’ALEJANDRO

Ville en expansion dans un pays récent, Buenos Aires cherche encore son identité. Ceux qui y habitent savent la définir, mais ceux qui la visite n’y voit d’abord rien de particulier. -

p1110422.JPGPour se construire un étendard culturel, l’Argentine a entre autres naturellement choisi le tango. Pas une image de la ville sans ses danseurs dans les rues colorées du centre historique ; aux yeux des touristes, c’est le nouvel hymne national !

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Mais la démarche marketing a quand même du bon : les jeunes qui avaient délaissés cette danse et cette musique, considérées comme désuètes, commencent à reprendre le chemin des milongas. Peut-être deviendront-ils plus chaloupés : un pays construit ses symboles, mais se construit aussi à travers ses symboles, non ?

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Alejandro vibre surtout grâce au swing, mais pratique également le tango. Il a aujourd’hui un bon niveau, mais pour passer à l’étape au-dessus, il faudrait qu’il consacre ses nuits et sa vie à la danse ! C’est un choix difficile quand on a la sécurité d’un boulot la journée.

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Il nous invite d’abord au Centre Culturel Arménien, une sorte de salle municipale près de Palermo Viejo où la danse invite au partage et à la fête. Après une petite démonstration des pros destinée à faire saliver les nouveaux (ça marche !), on commence par prendre des cours : d’abord de swing, puis de tango. Face à face, les hommes d’un côté les femmes de l’autre, c’est parti ! Il y a du monde et les explications sont en « porteño » - un espagnol légèrement chuintant. Mais on s’en sort à peu près ! Pour gagner en confiance, il faudrait néanmoins demander aux débutantes de prendre les cours pieds nus, ça éviterait de se faire marcher sur les pieds par des talons aiguilles. On finit donc le cours les pieds percés, et le bal commence. Les différents styles de danse s’enchaînent, les meilleurs danseurs sont sympas et viennent quand même inviter les jeunes filles hésitantes. On meurt de chaud, malgré la clim’ ça transpire, mais qu’est-ce que c’est bon !

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p1110683.JPG Deuxième étape, cette fois on va au Parakutural, une milonga beaucoup plus traditionnelle, fréquentée par des danseurs confirmés. Ici la danse, les regards, les pas, tout est codifié. On ne comprend que ce qu’on nous explique, mais quel plaisir de regarder ces corps tournoyer, yeux dans les yeux, parfois joues contre joues, les talons entre le désir et l’esquive. Par chance là aussi, quelques danseurs de haut niveau acceptent de m’inviter sur la piste pour échanger quelques pas. Quelle patience !!

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