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Vendredi 4 janvier 2008 Précédent

Le bonheur selon MONICA

Regarder les peintures de Monica, c’est éprouver la sensation de calme qui naît lorsqu’on s’arrête de penser, de courir, de parler, et que l’on prend simplement le temps d’écouter la vie comme elle vient.

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Si Michel a son studio à l’extérieur, Monica travaille à la maison. Dans les couloirs couverts de vieux livres, nous passons plusieurs heures à regarder ses toiles, parler de son travail. Monica mentionne une troisième voie entre l’artiste maudit, qui montre ce que le public ne veut - ou ne peut pas voir, et l’artiste commercial qui, à l’inverse, caresse la critique dans le sens du poil. Pour Monica, l’artiste transmet le monde à travers son corps. Il peut donc choisir de faire un travail sur lui-même, pour se connecter à la part la plus douce et altruiste du monde, et la donner en partage.
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On s’interroge : cette démarche va à l’encontre du discours mille fois entendu sur l’art et l’artiste. La plupart des artistes reconnus sont présentés par la critique comme des personnes sensibles, qui vont d’abord chercher ce qui les troublent, les révoltes, pour exprimer cette émotion par la peinture.
Pourquoi l’artiste devrait-il s’arrêter au partage de sa part torturée ? Il peut bien sûr laisser exploser sa rage, sa colère, montrer la déchirure ou la misère, et exprimer cette réaction au travers de son art. Mais il est également possible de dépasser ces passions, primitives et naturelles, pour laisser paraître une part de soi vierge de toute émotion. Il ne s’agit pas de naïveté ou d’angélisme, ni de fermer les yeux sur les misères du monde. Mais au contraire de les digérer, de les dépasser pour atteindre une certaine universalité… Que l’on pourrait appeler humanité.

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Photo : “Acerca de La Paz”, par Monica Goldstein

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