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Mardi 17 juillet 2007 Précédent

Majestueux Drakensberg

Après quelques trop petites heures de sommeil, on part chercher notre petite Fiat Go ! verte pour commencer un road trip jusqu’à Cape Town. Première étape le Drakensberg, des montagnes majestueuses au nord de Durban et à l’est du Lesotho.
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p1020324.JPGp1020411.JPGLa banlieue de Durban laisse la place à d’étranges villes. Surement en place des villages d’autrefois, d’énormes lotissements quadrillent l’espace, composés d’une multitudes de « maison-bouygues » parfaitement alignées. Les numéros des maisons parlent d’eux-mêmes : 1768, 1769… Dans ces villages, uniquement des noirs : nous sommes dans le Zululand, région d’Afrique du Sud attribuée par les anglais aux noirs au début du siècle. Si le partage des terres et l’apartheid font partie aujourd’hui des horreurs de l’histoire, la mixité n’a pas pour autant retrouvé ses droits. Et malgré la politique de construction mise en place Mandela pour poser un toit au-dessus de chaque tête, ces villes nouvelles restent très pauvres.
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On s’arrête déjeuner dans un petit resto sur le bord de la route. Alors qu’on passe la commande, on assiste à une scène qui pourrait passer pour un poncif si elle ne se passait pas sous nos yeux. Sur le trottoir d’en face, des enfants fouillent dans la poubelle en quête de trésors. Au même moment, trois quads viennent se garer devant le restaurant, le premier conduit par le papa, le second par la maman son fils de 5 ans sur les genoux, et le troisième par l’autre fils, qui doit avoir 8 ans. Les petits descendent de leurs engins, habillés de jeans larges et de pulls de marques. Ils sont surtout trop nourris, à la limite de l’obésité. Les enfants ne semblent pas tellement faire attention à leurs copains d’un autre monde, qui lèvent un instant la tête de leur poubelle. Habitués ? Nous en tout cas on regarde la scène bouche bée.
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p1020359.JPG Bien fatigués, on pose enfin nos affaires dans un backpackers (tout de même la meilleure solution de logement dans ce pays), sur la partie nord du Drakensberg. La nature ici est immense. Des champs, des montagnes, des vallées à perte de vue. On est surpris par la propreté et l’entretien des champs. Nos regards s’étaient habitués aux lopins de terre protégés de trois bouts de ficelle et aux plantations manuelles et anarchiques. Ces propriétés travaillées au tracteur nous paraissent d’un coup vraiment étranges !
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Dès le lendemain, aux aurores, on rejoint un groupe qui va monter le Sentinelle Peak, un des multiples sommets du Drakensberg. C’est l’hiver : l’herbe est jaune et la lumière rasante. Alors qu’on monte tranquillement la montagne, des barbelés empêchent les promeneurs de prendre les chemins de traverse. Une simple pancarte aurait suffit pour expliquer que ce passage était dangereux et interdit. Mais là c’est tout l’attirail sécuritaire qui vient bloquer l’accès. La journée est délicieuse. Du haut de la montagne, on voit toutes la dépression du nord du Drakensberg. On descend une rivière pour atteindre les chutes. Il fait si froid qu’on peut même toucher la neige ! Juste récompense après plusieurs mois à se geler sous le soleil d’Afrique !
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p1020371.JPGOn rentre par la falaise, qu’on descend par des échelles. J’ai toujours eu le vertige ; déjà au collège j’avais une trouille monstre de la corde à nœud, au point que je n’arrivais plus à redescendre. Réminiscence : je descends à peine quelques mètres de l’échelle que… Maman !!! Heureusement un des guides vient m’aider et je peux retrouve l’usage (approximatif) de mes jambes pour descendre la première falaise. Entre les deux échelles, une ribambelle de filles paniquées pleurent de chaudes larmes, tellement impressionnées par ces quelques mètres de vide. On n’est pas vaillantes ! Mais les larmes et la peur n’enlèvent pas l’esprit de dérision et de bonne humeur. Une sud-af noire invoque tous les dieux qu’elle connaît : « je vais descendre et j’ai même pas de réseau ! Je ne peux pas faire ça à ma mère ! Mourir sans lui écrire - adieu tu a tt fé pr moi auj j’en é conscience é je te remercie - par sms ! » Du coup on a mis tout le monde en retard, et on finit de descendre la montagne de nuit, seuls sous un milliards d’étoiles.
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Carnet de voyage, Afrique du Sud, le 17 juillet 2007.

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