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Jeudi 19 juillet 2007 Précédent

Espace alternatif sur la côte sauvage (Mulungula)

On reprend notre titine, en serrant bien à gauche, pour descendre sur la « wild coast » (côte sauvage). La route est longue. p1020770.JPGOn passe une première nuit à Port-Saint-Johns, un petit village sur l’Océan. Nous avons réservé dans un backpacker sur Second Beach, un peu plus au sud. Dès qu’on arrive à la réception, une forte odeur d’herbe (oui, de la marie-juana, pas du gazon) nous saute au nez. L’endroit est sympa, convivial, mais surtout placé tout près des cultures d’herbe.
On a stoppé la cigarette et ce qui va avec, donc cette promiscuité ne provoque pas d’effet particulier sur nous. Mais nos voisins, occupés à se rouler des spliff toute la journée, n’en diront pas autant. Il y a ici un mélange de blacks sud-af, de jeunes surfeurs blancs en vacances et de vieux hippys de toutes les couleurs, attifés d’un mélange de dread-locks, vestes de cow-boys et de tissus indiens. Même les hippys ont des problèmes d’identité en Afrique du Sud !
On veut faire une balade sur la plage le lendemain. Sur le parking, des gardes nous préviennent : si vous voulez aller dans les montagnes, on est obligés de vous accompagner, c’est dangereux. Il part si vite que je n’ai pas le temps de lui demander pourquoi, ni de nous accompagner. On reste donc sur la plage, on s’approche quand même un peu d’un escalier qui mène à la montagne. Mais la maison, en haut de l’escalier, lâche les chiens ! Ok ok.
Le garde n’est toujours pas revenu, cette plage est un mystère.
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p1020715.JPG On remonte dans la voiture direction Bulungula. Plusieurs personnes nous ont parlé de ce lieu magique, perdu sur la côte sauvage. On appelle pour réserver et une femme hystérique nous prévient : elle ne prend pas de visiteurs pour une journée, ce lieu doit s’apprécier dans le calme, avec du temps. Qui c’est cette folle ? On est en même temps agacés et intrigués. On accepte de rester deux nuit, et on se dirige vers la guest-house. Il faut prendre l’autoroute, puis une nationale, puis une route de campagne et tourner à droite au bout de 37 km précisément. Là il y a une petite épicerie où on peut acheter un plan, où sont notés les explications pour se rendre à l’auberge. C’est tout simple : 20 km de route en terre, puis au panneau caché dans les arbres tourner à droite et laisser la voiture dans la ferme au bout du chemin. Continuer ensuite à pied sur 3 km le long du sentier ; c’est là. L’hystérique nous appelle 20 fois pour être sûre qu’on ne se perde pas, savoir à quelle heure on arrive, ce qu’on veut manger le soir : « vegy or not ?!?!?? »
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p1020700.JPG Sur la route, on prend en stop tour à tour des étudiantes, des mamans avec leurs bébés, des gens qui rentrent chez eux. On laisse notre Fiat Go ! et on continue à pied sur le sentier, entre les collines. Une ribambelle d’enfants vient se joindre à notre marche, et nous passons un super moment à danser, rire et essayer de communiquer. La nuit finit par tomber, les enfants disciplinés rentrent chez eux et nous atteignons le Bulungula à force de raccourcis.
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David, le créateur du lieu, nous présente l’endroit. Nous dormons dans des maisons traditionnelles, huttes rondes avec un toit de paille, situées à l’embouchure du fleuve et de l’Océan. Tout est fait pour respecter l’environnement : toilettes à compost, douche qui chauffe grâce à une pointe d’essence, repas végétariens… Et dans les dunes, il y a même une baignoire en plein air, si le cœur nous en dit. On se rend compte David et sa collègue ne sont pas hystériques mais juste psychorigides comme des vrais écolos !
Mais la cerise sur le gâteau : ici pas de crime, pas de vol, et même pas de cadenas aux portes. On revit !
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Le lendemain matin, on part à pied dans les collines rejoindre un restaurant monté par des gens du village. Pour y aller, il faut suivre des bâtons roses plantés dans le sol. Au bout d’une bonne heure (on s’est un peu perdu !) on arrive dans une maison identique aux autres, où deux ados nous préparent un bon repas. On mange par terre, dehors, entouré par une nouvelle floppée d’enfants. On essaye de communiquer mais c’est assez dur, les ados ne parlent que le Xhosa. Il y a dans cette langue un son qu’on avait jamais entendu, qui consiste à faire claquer la langue au fond du palais. Mais claquer la langue au sein d’un mot, c’est super difficile !
p1020754.JPG On se perd aussi au retour, et on arrive un peu essoufflés à Bulungula où des chevaux nous attendent. Je ne suis pas monté sur un cheval depuis au moins 15 ans, et Nat n’est pas très à l’aise non plus. On se promène donc au pas sur la plage, en essayant tant bien que mal de faire comprendre à nos chevaux qu’on voudrait qu’ils aillent un peu plus vite. Au bout d’une bonne heure, les chevaux s’emballent enfin un peu, mais les sangles de Nat sont vieilles et mal réglées et… elles cassent. Je vois Nat tomber lentement par terre devant moi. Le temps s’étire comme au ralenti ; chaque seconde semble une heure.
Le cheval fait un saut sur la droite, et évite Nat. Soulagement : à part une bonne douleur à l’épaule, p1020828.JPGNat s’en sort indemne. On respire ! Il faudrait trouver un compromis entre l’excès de sécurité, qui enlève toute saveur à l’aventure, et un minimum de rigueur.
De retour à Bulungula, on part à la recherche de la baignoire dans les dunes. On pompe l’eau jusqu’à ras bord, et Nat allume un feu en dessous de la cuve, on allume quelques bougies, verse du bain moussant. On n’a plus qu’à attendre, et à se glisser dans l’eau presque chaude ! (enfin presque) Seuls au monde, sous le regard pudique des étoiles, nous communions avec la nature et les éléments.
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p1020869.JPG Le soir autour du poele, bien reposés, on discute avec Nadia et son père, un fermier marié à une française qui habite Cape Town. Emmanuel est le fils d’un immigrant ayant fuit l’Allemagne nazie. Comme les Etats-Unis, l’Afrique du Sud fut une terre d’accueil avant l’apartheid. Sa femme, Jacqueline, habite à Cape Town. On s’entend tellement bien avec eux qu’on sera ravis de la rencontrer !
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Carnet de voyage, Afrique du Sud, le 19 juillet 2007.

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