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Dimanche 29 juillet 2007 Précédent

Bons plans en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud est un pays complexe, intense. La nature, du Drakensberg à la côte sauvage, est exceptionnelle, avec de grands espaces et des reliefs changeants.

Mais la société peine à tourner la page de l’apartheid et les communautés restent encore très divisées. Les raisons sont évidentes : les noirs et les colored ont été coupés de l’accès à une éducation de qualité pendant plusieurs décennies, ce sont donc naturellement les blancs qui continuent de tenir la bourse et les rênes du pays. Beaucoup disent qu’il faudra encore quelques générations pour que ces évènements ne soient plus qu’un mauvais souvenir. Aujourd’hui, on visite un pays en pleine mutation, qui essaie de construire l’avenir en évitant autant d’avoir recours à la violence collective. L’insécurité et les crimes sont pourtant au centre des conversations, et la vie s’organise en espaces protégés.
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La force de l’intrigue, la beauté du lieu, les contradictions qui ne manquent pas d’apparaitre, rendent l’Afrique du Sud fascinante. Il faut compter au moins quinze jours ou trois semaines pour visiter le pays. Les paysages changent rapidement, et certaines villes méritent qu’on s’y attarde. Durban est une ville impressionnante. C’est un des ports les plus importants d’Afrique, et des plus modernes. Toulon ou Le Havre à côté ont des allures de ports de pêche ! Comme dans beaucoup de villes d’Afrique du Sud, le centre-ville commerçant est animé la journée, mais désert la nuit et le week-end. Mieux vaut donc s’installer un peu en dehors, pour éviter la cohue de la journée et l’insécurité nocturne. Le quartier limitrophe de Berea est calme et sympa, avec un bon réseau de bus pour se rendre dans le centre-ville. Pour y dormir, le Nomads Backpacker est propre et convivial (www.nomads.durban.co.za).
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Les Sud-Afs blancs utilisent largement ce réseau de guest-houses bon marché (les chambres doubles dans les backpackers tournent en général autour de 200 Rands) pour voyager dans le pays. L’ambiance est souvent sympa et conviviale, avec un bar, souvent un restau, des facilités pour les lessives, internet, l’organisation d’excursions, etc. La clientèle est assez jeune (20-35 ans ?), et les meilleurs adresses sont réunies dans le Coast to Coast ou l’Aletrnative Guide, deux guides gratuits que l’on trouve facilement.
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La plupart des backparckers sont desservis par le bazbus, une autre spécificité sud-af. Dans ce pays omnibulé par la sécurité, les classes moyennes (blanches) préfèrent éviter les transports en commun. Le bazbus permet de parcourir le pays sans passer par « les quartiers coupe-gorge des gares routières ». Parano ou vrai danger ? Difficile à savoir. Mais la tragédie est récente et les plaies mal cicatrisées. Autant rester donc dans cet univers balisé, ce serait dommage de s’ajouter à la liste des victimes collatérales de l’apartheid.
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Par rapport à l’euro, le rand est une monnaie faible qui rend la visite de l’Afrique du Sud très bon marché. Le mieux est donc de louer une voiture (avec un permis international, compter 25 euros par jour), et d’utiliser l’avion pour faire des sauts de puce. L’arrivée des compagnies low cost a largement fait baisser les prix des vols intérieurs, et on peut facilement trouver des vols Cape Town – Johannesburg pour 50 euros. Le mieux est de réserver sur internet sur 1time www.1time.co.za ou Kulula, www.kulula.com.
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Le Drakensberg est une montagne impressionnante, faite de pics et de canyons. Mieux vaut prévoir un pull car il fait plutôt froid au sommet. Des excursions d’une journée sont organisées à partir des hôtels ou backpackers du Royal Natal National Park au nord. Pour visiter le Lesotho, il faut en revanche compter plusieurs jours, et passer par le Sani Pass plus au sud. Nous n’avons pas été au parc du Kruger, où l’on peut voir de nombreux animaux. Il semble que certains parcs soient moins visités mais largement aussi beaux, mais on n’a pas plus d’infos ; il faudrait se renseigner.
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En revanche, question plages, on a notre mot à dire. Port Saint-Johns au nord de la côte sauvage est une charmante ville côtière, coincée entre la bouche d’un fleuve et la mer. On ne peut pas se baigner sur la plage qui fait face au village. Il faut donc descendre sur Second Beach, plus au sud. L’arrêt à Port Saint Johns ne vaut le coup que pour les fumeurs de pétards. Dans ce cas, l’Amapondo Beach Backpackers (www.amapondo.co.za) est situé à quelques mètres des productions d’herbe. On en trouve donc facilement de la bonne, et de la fraîche. (ceci dit attention, la possession d’herbe est interdite en Afrique du Sud, et passible de prison me semble-t-il)
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Plus au sud, le Bulungula (www.bulungula.com), situé en plein cœur de la côte sauvage, est de loin notre coup de cœur. Cette guest-house 100% écolo est un havre de paix… qui se mérite. Pour s’y rendre, mieux vaut avoir une voiture (voire un 4×4), du temps et surtout beaucoup de motivation, mais le lieu est incroyable. Ici tout est pensé pour le bien-être des hôtes et de l’environnement : toilettes au compost avec dans chacune une ambiance différente, douche chaude qui fonctionne à partir de quelques gouttes de paraffine, bain en plein air à faire chauffer grâce à un feu de bois, nourriture bio et végétarienne. On dort dans des huttes traditionnelles, rondes et confortables. Ici les huttes n’ont pas de clé, pas de cadenas, pas de barrière électrique, pas de chiens méchants, pas de… Et ça fait du bien !!! Les propriétaires ont pensé leur lieu en accord avec les habitants et la vie du village, et cassent ici les fossés de mode de vie, de culture et de couleur. Ce sont peut-être ces expériences encore alternatives qui permettront à l’Afrique du Sud de casser ses barrières intestines ?
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Plus au nord, la ville de Nieu Bethesda à côté de Graaff Reinet permet de faire une étape sympa au cœur de la nature aride du centre du pays. C’est aussi l’occasion de visiter l’Owl house, la maison d’un des artistes outsiders connus : Helen Martin. Cette femme avait repris la maison de son père pour s’y installer, seule. Dans la cour qui sert de jardin, elle s’est construit une foule d’amis, de temples, de représentations d’elle-même, d’icônes, jusqu’à former un univers particulier, saisissant (mais un peu oppressant tout de même). La maison est éclairée grâce à des vitraux, qui donnent à chaque pièce une atmosphère particulière. Si Helen se considérait comme artiste de son vivant, elle a été estampillée Outsider après sa mort : ce courant (aussi appelé art brut : http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_brut) désigne les artistes qui ont créé des oeuvres sans jamais participer au marché de l’art. Une bonne adresse pour dormir pas très loin : l’Owl House backpackers (www.owlhouse.info ou backpackers@owlhouse.info), tenue par Ian et Katrin, charmant couple africaner.
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Pour aller sur Cape Town, un arrêt sur la route des vins s’impose. La ville de Franchhoek est considérée ici comme un haut lieu culinaire. Avec le change, on peut se faire une de ces tables réputées pour le prix d’une brasserie à Paris. Une bonne adresse le French Connnection Bistrot (48 Huguenot Street, french@worldonline.co.za, tel +27 21 876 4056). A nous pas louper : la viande, très très très bonne. Et le pinotage, un cépage local qu’on ne produit pas en France. Pour les amoureux, le cottage La Provence est un adorable nid douillet. Le mieux est d’acheter une bouteille au cours d’une des nombreuses dégustations que vous ne manquerez pas de faire dans les environnantes, et de la déguster, le soir, au coin du feu.
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La ville du Cap mérite qu’on s’y arrête quelques jours. Le cap de bonne espérance, tout au sud, est à la frontière entre l’Atlantique et l’Océan Indien. En remontant sur la côte ouest, on peut voir de petits manchots le long de la berge. Si le temps le permet, un funiculaire permet de monter sur les table montain. S’il fait beau le matin au réveil profitez-en, car le temps change rapidement, et le funiculaire ferme s’il y a du vent ou si la vue est bouchée. La Long Street est l’artère branchée de la ville. On y trouve des magasins branchés, de bons restos (notamment le Fork au 84, assortiment de tapas haut de gamme, terrible ! tapas@fork-restaurants.co.za ou www.fork-restaurants.co.za tel +27 21 424 6334). Autres adresses pour les amoureux de la bonne chair, le caveau au 92 Bree Street (info@caveau.co.za ou +27 21 422 1367), le Forty Ate au 48 Hout Street (info@fortyate.com ou www.frtyate.com, tel +27 21 422 2270) ou le Jardine restaurant au 185 Bree Street (reservations@jardineonbree.co.za, www.jardineonbree.co.za, tel +27 21 424 5640).
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Enfin Johannesburg est une ville immense, difficile à appréhender. Le quartier de Newton dans l’ancien centre-ville a été réhabilité et est sympa aujourd’hui. Et le musée de l’apartheid est tout simplement incontournable pour s’y retrouver dans le pataquès qu’est ce pays. Prévoir l’après-midi, c’est grand mais passionnant.

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